Grèce: Intoxiqués, ils passent des vacances «apocalyptiques»

FAITS DIVERS 500 touristes, dont 250 Français, qui séjournaient dans un hôtel sur l'île de Rhodes, ont été victimes d'une violente intoxication à l'origine encore mystérieuse...

R.L.

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Photo d'illustration d'une piscine municipale.
Photo d'illustration d'une piscine municipale. — GILE/SIPA

Tout avait pourtant bien commencé. Marcelle et Jean-Pierre Lacaux, un couple de Toulousains, déboursent 20.000 euros pour passer leurs vacances avec enfants et petits enfants, à l’hôtel 5 étoiles Lindos Imperial, sur l’île de Rhodes en Grèce.

Si la première semaine s’est «formidablement bien déroulée», rapporte à la Dépêche du Midi, Jean-Pierre Lacaux, professeur émérite de télé-épidémiologie à l’Université toulousaine Paul Sabatier, «la seconde, celle du 10 au 17 août, a littéralement viré au cauchemar», poursuit-il.

«J’ai vu des gens vomir dans les piscines»

«Comme des centaines d’autres vacanciers, ma famille et moi avons été subitement pris de vomissements et de fortes diarrhées. Ma femme a même fait un malaise au restaurant. J’ai vu des gens vomir dans les piscines, dans les couloirs… partout. C’était dantesque, pour ne pas dire apocalyptique».

Ce qui a surpris cet enseignant, dont les recherches portent justement sur les vecteurs de contagion de maladies comme la dengue et le chikungunya, «c’est la rapidité avec laquelle autant de monde, dont une grande partie du personnel, a été décimé aussi rapidement», relate le quotidien.

«100 euros avant toute consultation»

Comme de nombreuses personnes «foudroyées», Jean-Pierre Lacaux a demandé à la direction de cet hôtel qui accueillait 1.400 personnes, «ce qui pouvait être à l’origine d’une telle hécatombe». L’hôtelier a indiqué dans un communiqué «que l’île de Rhodes était actuellement touchée par un virus qui se trouve dans l’air et que la nourriture et l’eau n’étaient nullement en cause».

Mais l’attitude de l’établissement a fortement déplu à certains vacanciers, rapporte Europe 1. Dans La Dépêche du Midi, un Luxembourgeois affirme avoir préféré partir avant la fin de ses vacances. Il explique au quotidien que des médecins avaient bien été «mis à la disposition» des clients malades, mais qu’il fallait débourser 100 euros avant toute consultation.

Ils veulent porter plainte

Vendredi dernier, un collectif de vacanciers, français et étrangers, s’est spontanément constitué au Lindos Imperial. Il a obtenu une rencontre avec le propriétaire et le directeur de l’hôtel. «Ils ont cherché à minimiser les faits, à dire qu’il n’y avait qu’une centaine de personnes atteintes alors que nous étions déjà près de 200 à prendre part à cette réunion, comptabilise Jean-Pierre Lacaux.

L’établissement a mis en place un protocole sanitaire, comme des lave-mains, à l’entrée des salles de restauration, pour tenter d’enrayer l’épidémie. Mais cela s’est malheureusement révélé inefficace. La contamination s’est poursuivie. Au total, 500 touristes, dont 250 Français ont pour le moment été touchés.

En colère, des vacanciers se sont donc constitués en collectif. Ils entendent bien monter une association pour faire valoir leurs droits et saisir la justice. Le voyagiste Fram, est également visé, note Europe 1. Le tour opérateur, qui continue d’envoyer des clients dans l’hôtel de Rhodes, a de son côté fait savoir qu’il allait proposer un dédommagement, sous la forme d’un avoir de 15 %, pour les clients tombés malades.