Les femmes turques montrent leurs chaussures en signe de protestation

EGALITE Elles manifestent ainsi pour soutenir une femme députée qui lutte contre la discrimination envers les femmes…

Audrey Chauvet

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Une photo de chaussures postée par une femme turque sur Twitter, le 13 août 2014.
Une photo de chaussures postée par une femme turque sur Twitter, le 13 août 2014. — Twitter

«Je le jure devant Dieu, le diable qui est en moi me demande d’enlever une de mes chaussures et de vous la jeter. Mais lorsque je les regarde, ma chaussure et vous, je me dis vraiment que vous n’en valez pas la peine». La répartie cinglante de la députée turque Aylin Nazliaka devant le Parlement turc ce mardi a soulevé une vague de soutien sans précédent sur les réseaux sociaux. Des milliers de femmes turques ont posté des photos de leurs chaussures ce mercredi, manifestant ainsi leur soutien à la lutte contre la discrimination sexiste menée par la députée.

 

 

Au cours d’un débat mardi sur une proposition de loi sur les violences conjugales, la députée Nazliaka a reproché à ses adversaires de l’AKP de favoriser les violences conjugales «par les mesures qu’ils imposent aux femmes». L’élue les a ainsi accusés de vouloir contrôler «ce que les femmes portent, ce qu’elles consomment et même la couleur de leur rouge à lèvres».

 

 

Sous le mot-clé #geliyorterlik (la pantoufle arrive), les femmes ont voulu faire comprendre à la majorité islamo-conservatrice qui dirige la Turquie, et qui leur avait déjà suggéré il y a quelques jours de ne pas rire trop fort en public, qu’elles n’allaient pas se laisser marcher sur les pieds. Dans le monde musulman, jeter une chaussure à quelqu’un ou simplement lui montrer sa semelle est considéré comme une des pires insultes.

 

 

Des hommes se sont également joints à la protestation sur Twitter.

 

 

Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, élu président dimanche pour cinq ans, est régulièrement accusé de vouloir «islamiser» son pays, et notamment de vouloir y restreindre les droits des femmes.