Mark Zuckerberg convoqué par un tribunal du sud de l’Iran

MOYEN-ORIENT Un juge très sérieux veut entendre le patron de Facebook sur des accusations d’atteintes à la vie privée...

N.Beu. avec AFP

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Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, le 18 septembre 2013.
Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, le 18 septembre 2013. — TRIPPLAAR/SIPAUSA/SIPA

Mark Zuckerberg va-t-il passer devant la justice iranienne? Le tribunal iranien qui en a fait la demande a beau se trouver dans la province de Fars, dans le sud du pays, la convocation adressée au patron de Facebook n’en est pas du tout une (de farce). Un juge souhaite très sérieusement qu’il s’explique sur des accusations d’atteintes à la vie privée, ont rapporté mardi des médias iraniens.

S’il y a peu de chances que Zuckerberg prenne un billet Los Angeles-Teheran, l’affaire est tout de même significative. Elle souligne une nouvelle fois le fossé entre les modérés qui cherchent à alléger les restrictions d’accès à Internet et les conservateurs qui réclament plus de contrôles.

Un dédommagement demandé à Zuckerberg

Le jeune multi-milliardaire américain fait l’objet d’une plainte déposée par des citoyens iraniens pour «violation de la vie privée» par les applications Instagram et WhatsApp, désormais filiales de Facebook, a expliqué l’agence de presse Isna.

Le juge a ordonné que le «patron sioniste de Facebook (en raison des origines juives de Zuckerberg) se présente au bureau du procureur pour se défendre et verse un dédommagement», a affirmé Rouhollah Momen-Nasab, un haut responsable de la sécurité d’Internet en Iran cité par l’agence.

Un procureur de Chiraz, chef-lieu de la province, a cependant démenti que Zuckerberg ait été convoqué. «Il y a des plaintes contre ces sites pour fraude sur Internet et diffusion de photos obscènes, et les plaignants ont demandé à la justice d’identifier les personnes impliquées», a dit le procureur Ali Alqasi à l’agence officielle Irna.

Rohani promet la tolérance

Les autorités iraniennes bloquent régulièrement l’accès aux réseaux sociaux, en particulier Twitter et Facebook, ainsi qu’à d’autres sites considérés comme non-islamiques ou préjudiciables pour le régime.

Le président iranien Hassan Rohani, un modéré, a promis une plus grande tolérance, et plusieurs responsables du gouvernement ont eux-mêmes des comptes Twitter ou Facebook, mais les ultra-conservateurs qui tiennent les institutions clés du régime s’opposent à tout allégement des restrictions. Début mai, Rohani a ainsi mis son véto à un projet d’interdiction de WhatsApp.