Hong-Kong: Un robot nommé patron d'une entreprise

TECHNOLOGIE Le 13 mai, la société hongkongaise Deep Knowledge Venture a nommé le robot Vital à son conseil d’administration. Incorruptible, il donnera son avis sur les investissements que projette l’entreprise…

Fabrice Pouliquen

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A Hong-Kong,Vital est devenu le premier robot à entrer dans un conseil d'administration (image d'illustration).
A Hong-Kong,Vital est devenu le premier robot à entrer dans un conseil d'administration (image d'illustration). — ALEXANDER UTKIN / AFP

Cela a tout d’un début de film de science-fiction, ce moment où tout va encore pour le mieux entre l’homme et les machines… A Hong Kong, Deep Knowledge Venture, société spécialisée dans la gestion des dons à haut risque, a nommé dans son conseil d’administration un robot appelé Vital (Validating Investment Tool for Advancing Life Sciences) le 13 mai dernier. Il en sera son sixième membre. Son rôle? Analyser les résultats prévisionnels, les premiers tests de médicaments, la disponibilité des brevets et les levées de fonds précédentes des sociétés dans lesquelles DKV envisage d’investir.

Incorruptible

Du sérieux donc. Mais Vital a déjà fait ses preuves. Deux entreprises, Pathway Pharmaceuticals et In Silico Medecine s’étaient déjà dispensés les conseils du robot. Chez Deep Knowledge Venture, l’algorithme monte donc en grade. «Même si Vital n’assistera pas littéralement aux meetings, il n’y aura plus de décision prise sans avoir reçu son analyse», confie au site Beta Beat Dmitry Daminski, responsable du projet chez Deep Knowledge Venture.

S’il séduit le monde de l’entreprise, c’est qu’il est tout simplement incorruptible. «Alors que les êtres humains sont subjectifs et influencés par leurs émotions, poursuit Dmitry Daminski. Pour autant, il ne parle pas de mettre les êtres humains au placard. «Nous sommes capables d’intuitions géniales, contrairement au robot. Former une équipe mixte est juste logique: nous essayons d’optimiser les avantages de chacun.»

Vital déjà en action

Depuis qu’il a commencé les tests, Vital a déjà approuvé deux investissements. «Même s’il ne pouvait pas encore voter à l’époque, il nous a aidés à nous décider sur deux cas, explique Charles Groome, un dirigeant de DKV à Business Insider. Une entreprise qui développe des méthodes de recherche assistée par ordinateur dans le domaine de la lutte contre les effets du vieillissement et une autre qui a créé une plateforme logicielle capable de choisir et d’évaluer des traitements personnalisés contre le cancer.»

Pour ces services rendus, l’histoire ne dit pas si Vital touchera un salaire ni s’il aura droit à ses week-ends.

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