Trois speed-riders poursuivis pour la mort d’un oiseau rare

À Grenoble, Souhir Bousbih

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 Un gyapète barbu dans l'aire de Peisey-Nancroix, en 2010
 Un gyapète barbu dans l'aire de Peisey-Nancroix, en 2010 — Jean-Luc DANIS

Le Parc de la Vanoise, en Savoie,  se réjouissait  il y a quelques semaines de la naissance exceptionnelle de quatre gypaètes barbus, une espèce d’oiseau exterminée dans les Alpes au début du XXè siècle mais réintroduite dans l’arc alpin en 1986. Malheureusement, l’un d’entre eux n’aura pas survécu plus de trois semaines. Le gypaèton a été abandonné par ses parents, effrayés par trois speed-riders volant à proximité du nid de Peisey-Nancroix, malgré les recommandations du parc de ne pas s’approcher à moins de 700 mètres. Ces oiseaux sont en effet sensibles à tout dérangement durant leur période de reproduction et de couvaison. Manque de chance pour les trois voltigeurs : deux ornithologues présents sur les lieux ont immortalisé la scène. Le tribunal judiciaire d’Albertville a été saisi…

Une espèce très protégée

Si l’affaire est très rare, voire unique en son genre, les trois individus encourent une amende salée. Car deux arrêtés ministériels (2005 et 2009) protègent l’espèce et circonstance aggravante, le parc a largement communiqué sur les précautions à prendre: « Une information et des recommandations sont régulièrement diffusées par le Parc national de la Vanoise depuis plusieurs années sur le site (panneaux d'affichage) et via les réseaux de pratiquants de vol libre, les écoles de ski, les offices de tourisme, ainsi que sur le site internet du Parc national de la Vanoise et le compte Facebook Les-gypaètes-barbus-de-Peisey-Nancroix ; ceci du début de la couvaison jusqu'à l'envol du gypaèton » explique le parc.
 
La perte de ce poussin, et la perturbation du couple adulte, sont d’autant plus graves qu’elles ont un coût : «  Une espèce qui fait l’objet d’un programme de réintroduction comme celle-ci a une forte valeur patrimoniale. Un oiseau adulte lâché en pleine nature, c’est plusieurs milliers d’euros » poursuit la même source.
 
Les auteurs du survol auraient reconnu les faits et la procédure est toujours en cours.