Détournement du vol Ethiopian Airlines: Les avions militaires suisses incapables d’intervenir

M.Gr.

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Un McDonnell-Douglas F-18C de la force aérienne suisse effectuant une manoeuvre lors d'un meeting aérien en France, en 2010
Un McDonnell-Douglas F-18C de la force aérienne suisse effectuant une manoeuvre lors d'un meeting aérien en France, en 2010 — IBO/SIPA/1007281207

Avant l'heure, c'est pas l'heure. Si la précision de l'horlogerie suisse n'est plus à démontrer, celle-ci peut toutefois prêter à sourire. Averties vers 4h30 ce lundi matin qu'un avion de ligne éthiopien se détournait de sa trajectoire en Italie et visait Genève, les autorités suisses ne sont pas intervenues, rapporte Le Matin.

La logique aurait pourtant voulu que l'alarme retentisse et que des chasseurs décollent pour sécuriser l'espace aérien, mais il n'en fut rien. Car la surveillance aérienne opère avec des horaires limités, soit à partir de 8h du matin.

Des accords avec ses voisins

Contacté par le journal suisse, le Département fédéral de la défense et des sports (DDPS) a confirmé que, même en cas d'urgence extrême comme ce lundi matin, l'aviation militaire ne déroge pas à ses horaires. A savoir: 8h - 12h et 13h30 - 17h.

«Nous n’avons pas les moyens d’assurer un service de piquet 24h sur 24», a expliqué Laurent Savary, porte-parole des forces aériennes au journal Le Matin. «C’est pour cela que nous avons des accords avec les pays voisins pour assurer la police aérienne en dehors des heures d’ouverture de nos aérodromes militaires».

Ce matin, deux Eurofighters de l'armée italienne et deux Mirage français se sont donc relayés jusqu'à Genève pour escorter le Boeing, qu'ils étaient autorisés à faire atterrir. En revanche, si le pirate de l'air avait décidé de crasher son avion, les appareils italiens et français n'auraient pas été autorisés à le détruire en vol. Sauf qu’avant 8h, aucun avion militaire suisse n'aurait pu intervenir à leur place. Et l'heure, c'est l'heure.