Tintin va bientôt parler en bengali, papiamentu et en tamoul

INSOLITE La célèbre bande dessinée a déjà été traduite en plus de 100 langues...

avec AFP

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La couverture originale de «Tintin en Amérique» a été adjugée pour 1,3 millions d'euros le 2 juin à Paris.
La couverture originale de «Tintin en Amérique» a été adjugée pour 1,3 millions d'euros le 2 juin à Paris. — JOEL SAGET / AFP

A défaut de vivre de nouvelles aventures depuis le décès d'Hergé, Tintin ne cesse d'explorer les langues du monde entier jusqu'à s'exprimer en papiamentu, en wolof ou dans les dialectes français laissés pour compte.

Il y a un mois, en décembre, est sorti un nouvel album de Tintin, «L'Ilate negue», la version de «L'Ile noire» en saintongeais, le patois de la région de Cognac (ouest de la France).

«Nous avons été surpris par le succès. Les 6.500 albums imprimés se sont arrachés comme des petits pains», se félicite Maryse Guedeau, à l'initiative du projet.

Tintin a récemment franchi le cap des traductions dans 100 langues et dialectes. Avec plus de 230 millions d'albums vendus dans le monde depuis sa création, il fait la course en tête avec le petit Gaulois Astérix, l'autre star de la BD franco-belge s'exprimant aussi bien en allemand qu'en picard.

«Notre ambition est que Tintin soit lu dans un maximum de langues, qu'elles soient internationales ou locales», affirme Simon Casterman, le directeur commercial de Casterman, l'éditeur historique basé à Bruxelles.

Promotion des langues régionales

Pour les langues régionales et locales, la stratégie de Casterman est surtout pragmatique. «Nous répondons aux demandes d'associations culturelles qui souhaitent traduire dans leur dialecte les aventures d'un héros connu de tous», explique Simon Casterman. Ces associations sont alors chargées de traduire, promouvoir et financer l'album.

C'est ainsi que se sont multipliées depuis trente ans les éditions locales en France (breton, corse, ch'ti ou gruérien, dialecte du nord des Alpes) et en Belgique (anversois, ostendais ou gaumais).

Le petit reporter a aussi appris à parler québécois, féroïen, tahitien et papiamentu, la langue créole des Antilles néerlandaises où a été publié «E asuntu di Florisol» («L'affaire Tournesol»). Il a pris pied en 2013 en Afrique avec le wolof, une langue orale parlée par plus de dix millions de personnes au Sénégal.

L'une des priorités de Casterman est désormais de trouver des relais en Inde, «où Tintin est très populaire en anglais», pour lancer des éditions en bengali, assamais ou tamoul. D'autres projets existent en araméen, en yiddish et en bambara, la langue nationale du Mali.