VIDÉO. Cérémonie Mandela: L'interprète en langage des signes était un «imposteur»

avec AFP

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Un faux traducteur de langue des signes lors de la cérémonie en hommage à Nelson Mandela, le 10 décembre 2013. 
Un faux traducteur de langue des signes lors de la cérémonie en hommage à Nelson Mandela, le 10 décembre 2013.  — Capture d'écran d'une vidéo de Sky News

Il n’y avait donc pas que des gens connus au stade de Soweto. L'interprète en langage des signes apparu ce mardi sur les écrans de la télévision publique sud-africaine pour traduire la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela ne maîtrisait absolument pas cette langue, ont affirmé ce mercredi des représentants des associations de sourds-muets en Afrique du Sud.

«C'est un imposteur», a déclaré la directrice de l'organisme du Cap «Education et développement du langage des signes», Cara Loening, interrogée. «La communauté des sourds en Afrique du Sud est complètement outragée.»

 

Il n'a rien traduit du tout

Selon un autre expert, un interprète officiel de la Fédération des sourds d'Afrique du Sud, Delphin Hlungwane: «Il gesticulait et bougeait juste ses mains dans tous les sens, il n'avait aucune grammaire, n'utilisait aucune structure, ne connaissait aucune règle de la langue.»

«Il n'a rien traduit du tout, aucune de ces gesticulations n'avait de sens.» L'affaire a provoqué des remous ce mercredi en Afrique du Sud, et les services de communication du gouvernement ont promis une réponse, qui n'était toujours pas arrivée en début d'après-midi.

Nous ne savons rien de lui

«Les sourds d'Afrique du Sud ne le connaissent pas, et les interprètes non plus», a ajouté Hlungwane, ajoutant que cet interprète n'avait jamais travaillé auparavant pour aucune chaîne de télévision. «Nous ne savons rien de lui, ni son nom, il est apparu à l'occasion de cet événement, on ne sait pas comment.»

Interrogé sur la possibilité que cet interprété ait utilisé une autre langue des signes que celle pratiquée en Afrique du Sud, Hlungwane a assuré que les téléspectateurs sourds des autres pays du monde n'avaient pas non plus compris les gestes de cet «interprète».