Hôpital de Nice: Les étudiants déguisés en terroristes tournaient une vidéo

ENQUÊTE a séquence devait être présentée dimanche prochain lors d'une soirée autour d'un repas, une tradition chez les étudiants dentistes...

B.D. avec AFP

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Les fausses armes saisies sur quatre étudiants dentistes arrêtés à Nice le 18 novembre 2013.
Les fausses armes saisies sur quatre étudiants dentistes arrêtés à Nice le 18 novembre 2013. — AFP PHOTO / VALERY HACHE

Les quatre étudiants en médecine dentaire qui s'étaient amusés dimanche soir à simuler une attaque terroriste avec des armes factices dans un hôpital de Nice, réalisaient une vidéo destinée à un concours traditionnels entre étudiants dentistes.

Dimanche, ils ont réalisé une vidéo de vingt minutes en progressant dans un escalier de service et au premier étage du service d'odontologie de l'Hôpital Saint-Roch de Nice, alors fermé au public, a précisé à l'AFP le commissaire Emmanuel Grout, chargé de l'enquête. Une femme, qui passait à côté d'une porte ouverte, avait donné l'alerte vers 20h30 après avoir aperçu un faux terroriste barbu portant une djellaba en train de menacer un homme avec une kalachnikov. "Je comprends qu'elle ait pu être impressionnée", a commenté le commissaire qui a regardé la vidéo.

"Ils ont juste pas réfléchi"

Ce "jeux de rôles" était en fait destiné à un concours entre étudiants. Des équipes d'étudiants doivent chacune dévoiler dimanche prochain une vidéo fantaisiste lors d'une soirée autour d'un repas, une tradition chez les étudiants dentistes. "Ils sont allés trop loin je pense. Ils ont juste pas réfléchi", estimait lundi un étudiant en médecine dentaire. Une quarantaine de policiers avaient été mobilisés dimanche soir, arrivant sur les lieux cinq minutes après l'alerte. "On a fouillé l'ensemble de l'hôpital pour trouver des terroristes retranchés", a expliqué Marcel Authier, directeur de la Sécurité publique des Alpes-Maritimes.

Au bout d'une heure, les policiers ont repéré trois jeunes sortant de l'hôpital, dont l'un avait un grand sac d'où dépassait le canon d'une arme. Le sac contenait en définitive "une quarantaine d'armes factices" en métal pouvant tirer des billes, dont des armes de poing et des fusils mitrailleurs. La police retrouve aussi la fameuse djellaba. Les étudiants "penauds" ont été plaqués au mur pour une fouille au corps afin d'éviter tout risque. Un quatrième étudiant, appelé sur son téléphone, a été également interpellé.

Un comportement "inadmissible"

"Les conséquences ont été lourdes", souligne Marcel Authier. "Cela a mobilisé une quarantaine de policiers qui auraient été plus utiles ailleurs et le service des urgences a été ralenti par un dispositif de sécurité important". "C'est une blague de potache qui a mal tourné", a tempéré Etienne Arenilla, secrétaire général du Centre hospitalier universitaire de Nice. "Les règlements de sécurité ont été appliqués. On a demandé à chaque service de fermer la porte d'accès à leur service", a-t-il raconté.

Mais Patrick Mahler, chef du service d'odontologie, ne mâchait pas ses mots lundi sur le comportement "inadmissible" des quatre étudiants de 5ème et 6ème année. "Ils risquent une exclusion partielle ou définitive des universités françaises", a-t-il précisé, en notant que "ce type de dérapage n'est pas très courant". Le CHU n'a pas porté plainte lundi, et les quatre étudiants ont été libérés lundi en fin de journée sans sanction judiciaire, a indiqué la police. Seul le détenteur des armes factices utilisées sera convoqué pour "un rappel à la loi", a précisé la police. Le jeune homme est un passionné "d'airsoft", un jeu utilisant des répliques d'armes à feu.