David Cameron demande à Facebook de s'expliquer sur les vidéos montrant des meurtres

M. Go.

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Dans le premier centre de données européen de Facebook, à Lulea, en Suède, le 12 juin 2013.
Dans le premier centre de données européen de Facebook, à Lulea, en Suède, le 12 juin 2013. — Susanne Lindholm/SCANPIX /SIPA

Au printemps de cette année, Facebook avait réfléchi à certains de ses contenus. Le plus grand réseau social du monde avait finalement décidé de bannir temporairement le partage de vidéos pouvant créer de «possibles dommages psychologiques chez les utilisateurs de sa plate-forme». Or, la BBC et d’autres médias anglais s’alarment du fait que les règles de Facebook ont encore changé. Selon eux, les vidéos de meurtre et de décapitation peuvent à nouveau être diffusées. 

Un homme masqué tuant sa femme

Des utilisateurs du réseau ont en effet essayé de supprimer une vidéo montrant un homme masqué tuant sa femme, sans doute au Mexique, selon la BBC. Sans succès. Les internautes ont alors créé une page  intitulée «Tout le monde peut voir cette vidéo?» où ils s’inquiètent de cette faille et interpellent Facebook. «Supprimez-la. Trop de jeunes peuvent voir ça. J’ai 23 ans et je suis bouleversé après en avoir vu deux secondes», écrit un commentateur. 

Le Premier ministre, David Cameon a lui qualifié d' «irresponsable» cette décision en demandant à Facebook «d'expliquer leurs actions aux parents inquiets». 

 

Un débat au sein de Facebook

Devant la polémique, un porte-parole du réseau social a réagi. «Facebook a été créé pour que les gens partagent leur expérience (…). Dans ce cas, la vidéo est partagée parce que les gens la condamnent. Si les utilisateurs l’avaient célébrée, nous aurions agi différemment», déclare-il. Un avis qui n’est pas partagé par certains dirigeants anglais interrogés par la BBC. L’un d’entre eux regrette l’absence de mention ou de commentaires qui contextualisent la vidéo. «Moi, je l’aurais supprimée», tranche un autre.  

Des groupes islamistes avaient usé de l’outil Facebook pour propager leurs actes. Les sites anglais rappellent ainsi le cas de Kenneth Bigley, un otage britannique assassiné en 2004. La vidéo de sa décapitation avait été envoyée à une chaîne de télévision d'Abou Dhabi qui avait refusé de la diffuser avant qu’elle ne soit diffusée sur Internet.