Les femmes de l'UMP jugent la candidate Royal

Recueilli par David Carzon

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Le féminisme de Royal «trouve vite ses limites»
Nathalie Kosciusko-Morizet est députée UMP de l’Essonne et proche de Nicolas Sarkozy.

La victoire de Ségolène Royal vous surprend ?

Non, c’était une victoire annoncée. Cela traduit une volonté de renouvellement. Il y a besoin de nouvelles têtes, de nouveaux styles. En face, elle avait pour concurrent Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, qui sont très connus. Cela cadre bien avec la volonté de faire de la politique autrement.

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal font de la politique depuis longtemps. Pourquoi donnent-il l’impression d’un renouvellement ?
S’ils apparaissent comme faisant de la politique autrement, c’est plus une question de style que de parcours. Il est vrai que Ségolène Royal a une trajectoire plus que conformiste, institutionnelle : l’ENA, conseillère à l’Elysée, députée, ministre… Mais elle parle différemment des autres.

Une femme comme adversaire, c’est un vrai danger pour Nicolas Sarkozy ?
Il y a un vrai danger à présenter les choses de cette manière. Il est vrai que c’est nouveau d’avoir une femme qui a des chances d’être élue présidente. Mais Ségolène Royal est avant tout un candidat qui défend ses idées. Il y a deux visions du féminisme. Celle de Simone de Beauvoir qui dit que les femmes doivent accéder aux mêmes fonctions que les hommes parce qu’elles sont comme les hommes. Et puis il y a le différentialisme : il faut plus de femmes en politique parce qu’elles sont différentes et qu’elles peuvent apporter quelque chose de différent. Ségolène Royal joue sur ce registre mais cela trouve vite ses limites. Car si on va au bout de cette logique, les femmes se retrouvent enfermées dans ce qui les différencie et on les cantonne aux questions de famille, de petite enfance, de scolarité. J’ai toujours refusé cet enfermement.

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