Une question sur le foulard islamique dans les Apéricubes fait polémique

BOURDE Samedi, un blog spécialisé dans le marché du halal, dénonçait la dimension islamophobe d'une question figurant sur un emballage. Le groupe Bel a présenté ses excuses dimanche...

Fabien Randanne

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Détail du logo du Groupe Bel, au siège parisien de la société. On reconnaît les contours de la «Vache qui rit».
Détail du logo du Groupe Bel, au siège parisien de la société. On reconnaît les contours de la «Vache qui rit». — FACELLY/SIPA

«Comment l’islamophobie ordinaire s’immisce jusque dans votre fromage», s’indignait samedi le blog professionnel Al-Kanz, spécialisé notamment dans l’information autour du marché du halal. En cause, une question figurant sur des emballages d’Apéricube: «Où le problème du foulard islamique est-il apparu en 1989?» La réponse, Creil, faisait référence à cette commune de l’Oise où des collégiennes musulmanes s’étaient vues interdire l’accès à leur établissement parce qu’elles voulaient garder leur foulard sur la tête pendant les cours.

«En 1989, c'est l'événement de l'année»

Une question dont Al-Kanz critique la pertinence: «(…) La Vache qui rit, quand il s’agit de culture générale, ne rigole pas. Parce qu’en 1989, [«le problème du foulard islamique»] c’est l’événement de l’année. A côté l’histoire du muret tombé dans une sombre ville d’Allemagne, c’est de l’aménagement du territoire. Exit Tiananmen ou Ceaucescu.» L’article s'achève en suggérant aux lecteurs de «cesser de consommer» des produits du groupe Bel, qui fabrique et commercialise les marques Vache qui rit et Apéricube, et de faire part de leurs réactions à ce dernier.

«Un emballage datant de 2010»

Face au nombre important de demandes d'explications, et pour parer au bad-buzz, le groupe Bel a répondu dès dimanche soir. Dans un communiqué, publié entre autres sur la page officielle Facebook de La Vache qui rit, il précise que «La photo de cet emballage [illustrant l'article d'Al-Kanz] date en fait de 2010 (...). Ces questions sont effectivement tirées (...) de notre partenariat avec le jeu «Trivial Pursuit». Mais Al-Kanz a aussi raison de dire que sa présence sur les emballages est de notre responsabilité. Nous assumons donc pleinement cette erreur, et nous sommes bien conscients que cette question a pu choquer.»

«Défaut de vigilance»

«Pour nous, il s'agissait d'une affaire classée depuis 2010. Nous avions reçu trois réclamations à l'issue desquelles nous avions constaté que cette question était inappropriée et nous avions pris la décision de la retirer des emballages», explique le groupe Bel joint par «20 Minutes» ce lundi. Et d'ajouter: «Il y a un dispositif de surveillance et de contrôle, mais cette question a échappé à notre vigilance.» Dans son communiqué, l'entreprise agroalimentaire insiste sur le fait que «[Cette question] ne reflète en aucun cas la position de Bel et de la marque Apéricube, dont les valeurs font du respect des croyances, de la culture et des convictions de chacun un principe fondamental.»

Des excuses qui ont satisfait Al-Kanz, qui a salué la «réactivité» du groupe. «On a là une belle leçon pour futurs communities manager», commente le blog.