Chine: Pour localiser les migrants, les autorités suivent les ventes de moutarde

MONDE Un indice a été créé pour mesurer les ventes d'une moutarde particulièrement prisée par les ouvriers migrants...

avec AFP

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Un sachet de moutarde zhacai vendu en Chine.
Un sachet de moutarde zhacai vendu en Chine. — AFP PHOTO / WANG ZHAO

Suivre les mouvements des quelque 263 millions d'ouvriers migrants qui besognent en Chine n'est pas chose facile, mais les autorités ont découvert un moyen original en constatant le goût de ces travailleurs pour une racine de moutarde marinée.

Suivre «l’indice zhacai»

En Chine on trouve partout en vente les petits sachets de «zhacai», des filaments saumurés découpés dans les tubercules de moutarde brune. La marque la plus commune s'appelle Fuling. Ces aliments bon marché sont prisés par les ouvriers migrants, a souligné dans un article le journal Economic Observer. Les autorités ont par ailleurs constaté que la demande en zhacai était d'ordinaire stable dans les zones urbaines, sauf en cas de migration importante des «ouvriers-paysans».

D'où l'utilisation d'un «indice zhacai», mesurant région par région les ventes de sachets Fuling, qui peuvent «refléter les tendances de déplacement des populations», a expliqué un responsable de la Commission nationale pour le développement et les réformes (NDRC), l'organe de planification économique de la Chine.

Les autorités surveillent ces populations

En Chine les travailleurs migrants sont en grande majorité des ruraux partis trouver un emploi dans les bassins manufacturiers du sud et de l'est du pays, ou dans les grandes villes. Ils forment une catégorie de population particulièrement défavorisée. L'indice zhacai montre une nette baisse ces dernières années du nombre de migrants dans les deltas de la rivière des Perles et du Yangtsé, au profit des régions du centre de la Chine.

Faute du permis de résidence officielle dans leurs villes d'adoption, les travailleurs migrants chinois n'ont droit à aucun avantage social, sont privés d'école gratuite pour leurs enfants, tout en étant souvent exploités par leurs employeurs. Toujours soucieuses de prévenir un éventuel débordement social, les autorités surveillent particulièrement ces populations flottantes.