LinkedIn supprime les photos de femmes ingénieurs jugées trop «provocantes»

WEB Le dirigeant d'une société de développement Web a critiqué cette décision qu'il juge sexiste...

E.O.

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Capture d'écran du site de Toptal, qui s'est plaint de voir ses publicités supprimées de LinkedIn car des utilisateurs se sont plaints de photos «provocantes».
Capture d'écran du site de Toptal, qui s'est plaint de voir ses publicités supprimées de LinkedIn car des utilisateurs se sont plaints de photos «provocantes». — Capture d'écran

Sexisme ou excès de précaution? LinkedIn, le réseau social professionnel, a retiré une publicité publiée sur son site par la société de développement Web Toptal en raison de doutes sur des photos utilisées. La petite entreprise avait en effet choisi d’illustrer ses pubs notamment avec des photos de ses employés, mais des utilisateurs de LinkedIn ont jugé que certaines étaient trop séduisantes pour être de vraies développeuses Web, a rapporté le site The Daily Dot.

Selon Toptal, LinkedIn a supprimé les publicités -ainsi que le compte de la société sur le site-  après des plaintes d’internautes qui jugeaient les photos des femmes «provocantes».

Certains «jugent impossible que des femmes puissent être ingénieurs»

La société a diffusé l’exemple d’une de ces publicités, illustrée avec une photo d’une de leurs ingénieures, Florencia Antara. Cette dernière est pourtant bien employée de Toptal depuis octobre 2012, selon sa page sur le site de la société. Cependant, aucune trace d’elle n’a été trouvée sur les réseaux sociaux et ses comptes Google+, Youtube (et LinkedIn !) sont actuellement désactivés. La société a par ailleurs reconnu que certaines images n’étaient pas des photos de ses employés mais des clichés issus de banques d’images. 

«Qu’importe. (…) Le fait est que (ces photos de femmes ingénieurs) sont tout à fait convenables et représentent des professionnelles parfaitement normales», a écrit le président de Toptal dans une tribune intitulée «en soutien aux femmes ingénieurs». Les photos d’hommes «ne sont pas différentes», a assuré la société: «Ce sont des hommes ingénieurs souriants. Certains portent des lunettes, d’autres non.» «Le problème», a estimé le patron de Toptal, «c’est que les membres de la communauté du développement Web jugent impossible que des femmes ingénieurs puissent justement être ingénieurs et qu’un leader de cette communauté (LinkedIn) soit d’accord avec eux». 

LinkedIn a finalement indiqué samedi à Toptal qu’ «après examen des publicités», elles allaient être  «réactivées». «C’est une très bonne nouvelle pour tout le monde», a estimé le patron de la société.