Etude: Les applaudissements, c'est du vent

SCIENCES Une étude montre que l'intensité des bravos n'est pas forcément liée à la qualité du spectacle...

M.Gr.

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Le public des Eurockéennes de Belfort, le 29 juin 2012
Le public des Eurockéennes de Belfort, le 29 juin 2012 — SPATAFORA STEPHANE/SIPA

Sous vos applaudissements. Selon une étude scientifique suédoise menée par l'université d'Uppsala en Suède, l'importance des applaudissements ne serait pas liée à la qualité d’une performance artistique.

Il s'agirait en fait d'un phénomène de «contagion social et comportementale», comme le rapporte Le Parisien, qui cite l'étude ce jeudi. Publiée par le mensuel britannique Journal on the Royal Society Interface, elle s'appuie sur l'observation de six groupes d'étudiants, assistant à deux exposés oraux de biologie.

Incitation à l’applaudissement

Filmés à leur insu, ces 107 étudiants devaient applaudir à la fin de chacune des présentations, toutes menées de façon  similaire. Les chercheurs se sont alors aperçus que les premiers applaudissements se déclenchaient en moyenne 2,1 secondes après la fin du discours, pour atteindre leur intensité maximale à 2,9 secondes, avant de s'arrêter à 6,1 secondes.

A la suite de ces analyses, le professeur Richard Mann et son équipe de bio-mathématique ont donc pu établir que le fait d'entamer un applaudissement serait dix fois plus important quand au moins la moitié de salle applaudit déjà. En revanche, s'il n'y a que 5% de la salle qui applaudit, le reste du public est dix fois moins incité à participer à l'ovation.

Propagation d’un virus

Et le raisonnement est le même pour la fin des applaudissements, «à un degré moindre car le facteur de lassitude à taper dans ses mains trop longtemps vient amoindrir la pression sociale», explique Richard Mann au Parisien. Mais les analyses démontraient que le temps passé à applaudir peut varier, même en l’absence de différences notables dans la qualité du spectacle.

Les artistes sont donc prévenus: l'intensité des applaudissements recueillis serait donc liée à une double pression sociale. L’une qui veut que l'on félicite l'auteur d'une performance, et l’autre liée à une pression exercée par le groupe sur chaque individu.

Un phénomène que le professeur Mann compare à la propagation d'un virus. En gros, plus il y a de personnes contaminées, plus la probabilité de l’être également augmente. Mais il y a quand même plus de chance pour que les applaudissements se déclenchent quand le spectacle est bon.