La canicule persiste en Europe, les mesures de précaution se multiplient

— 

Le gouvernement veut aussi "inventer la maison de retraite de demain". La prolongation du rythme de 5.000 créations de places en maisons de retraite par an est prévue, ainsi qu'un plan de recrutement et de formation des métiers du grand âge.
Le gouvernement veut aussi "inventer la maison de retraite de demain". La prolongation du rythme de 5.000 créations de places en maisons de retraite par an est prévue, ainsi qu'un plan de recrutement et de formation des métiers du grand âge. — Mychele Daniau AFP/Archives

La canicule persistait mardi dans une partie de l'Europe, où le thermomètre devait encore monter jusqu'à jeudi, avec des pics proches des 40°C qui poussent les autorités à multiplier les mesures de précaution pour éviter une catastrophe sanitaire.
En France, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Suisse, en Autriche mais aussi en Grande-Bretagne, en Allemagne ou en Pologne, le thermomètre oscillait mardi dans de nombreuses régions autour des 35°C.
Paris, Berlin, Rome, Vienne ou Genève rivalisaient à ces niveaux de chaleur, auxquels ont déjà succombé au cours des dernières semaines une quarantaine de personnes dont les trois quarts en France.
Un peu partout, les pouvoirs publics prodiguent des conseils pour se protéger de cette canicule qui s'avère pour l'instant moins terrassante que celle de 2003 mais semble s'inscrire dans la durée.
En France, des messages appelant à la vigilance sont diffusés dans les gares et les transports en commun, des bouteilles d'eau sont distribuées, des fontaines et des plans d'eau mis à disposition pour se refraîchir.
Des journaux concoctent des dossiers spéciaux consacrés au sujet, avec "conseils et astuces" destinés notamment aux plus âgés, premières victimes de la canicule de l'été 2003 qui avait fait des dizaines de milliers de morts en Europe dont 15.000 en France.
Plus de la moitié des départements français sont placés depuis plusieurs jours en "vigilance orange" (degré 3 d'une échelle de 4 des phénomènes météo dangereux).
Le pays, particulièrement mobilisé en raison de l'hécatombe de 2003, a lancé un appel aux étudiants en médecine et aux médecins retraités pour qu'ils viennent renforcer les services d'urgences. Seuls une douzaine de volontaires s'étaient manifestés mardi.
La célèbre station balnéaire de Saint-Tropez, fief estival des stars sur la Côte d'Azur, a été privée d'électricité lundi après-midi en raison de la chaleur, plusieurs boîtiers souterrains du réseau ayant été mis hors service.
En Allemagne, la navigation a dû être réduite mardi sur l'Elbe, dans le nord du pays: à une cinquantaine de kilomètres en amont de Hambourg, la profondeur ne dépasse pas 1,20 m, ce qui empêche le passage des bateaux lourdement chargés.
La société Vattenfall, qui exploite les centrales nucléaires installées le long du fleuve, devait par ailleurs les mettre au ralenti pour ne pas risquer un réchauffement excessif de l'Elbe, dommageable pour l'environnement.
L'eau du fleuve, utilisée pour refroidir les réacteurs nucléaires, affichait déjà 27 degrés mardi.
Or l'Allemagne se prépare à subir jeudi des pics de chaleur atteignant 39 degrés dans le sud-ouest ou la région de Berlin, des valeurs susceptibles de battre les records de l'été 2003.
Même pronostic de remontée du mercure en Grande-Bretagne, où les Londoniens et les habitants du sud-est de l'Angleterre doivent s'attendre mercredi à des températures flirtant avec les 35°C, avant une baisse prévue en fin de semaine sur fond d'orages.
En Espagne, où les températures sont toujours élevées sans être inhabituelles, la centrale nucléaire de Santa Maria de Garona (nord) a été arrêtée lundi soir en raison d'une augmentation de la température des eaux de l'Ebre, utilisées pour la refroidir. Elle n'avait pas redémarré mardi midi.
Aux Pays-Bas, une randonnée à vélo de quatre jours qui devait s'ouvrir mardi a été annulée en raison des risques liés à la chaleur. Quelque 15.000 participants étaient attendus, dont beaucoup de familles et de couples âgés de plus de 55 ans, pour parcourir entre 30 et 100 kilomètres par jour aux confins de la frontière allemande.
Conséquence de la vague de chaleur qui étouffe l'Italie depuis une semaine, une tornade et de violents orages ont touché pendant plusieurs heures Turin (nord) mardi matin, endommageant une cinquantaine de voitures et des maisons, et pliant au passage lampadaires et branches d'arbres.
Dans ce pays, l'alerte "grande chaleur" de niveau 3, qui est la plus élevée et implique des risques importants pour la santé, est maintenue jusqu'à jeudi à Rome, Turin, Venise ou Gênes.