Condoleezza Rice appelle à un cessez-le feu "urgent" au Liban

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La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a annoncé vendredi qu'elle quitterait dimanche les Etats-Unis pour des entretiens sur le Proche-Orient, rejetant à nouveau les appels à un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah.
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a annoncé vendredi qu'elle quitterait dimanche les Etats-Unis pour des entretiens sur le Proche-Orient, rejetant à nouveau les appels à un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. — Jim Watson AFP

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, en route pour une tournée au Proche-Orient, a appelé lundi à un cessez-le-feu "urgent" au Liban tout en avertissant que tout accord devait débuter par un règlement des causes du conflit.
"Nous pensons qu'un cessez-le-feu est urgent", a déclaré Mme Rice en route pour Israël, où elle est attendue lundi pour des entretiens avec le Premier ministre Ehud Olmert et d'autres responsables israéliens.
"Mais il est important d'avoir les conditions pour qu'il (le cessez-le-feu) soit viable", a ajouté Mme Rice, en rappelant la position américaine selon laquelle un cessez-le-feu ne tiendra pas tant que ne seront pas abordées les causes profondes du conflit selon Washington, c'est-à-dire la menace posée par le Hezbollah libanais à Israël et son soutien venu de l'Iran et de la Syrie.
Elle a également déclaré à des journalistes à bord de son appareil, qui a fait une halte à Shannon, en Irlande, pour ravitailler, qu'elle était prête à revenir au Proche-Orient à son retour du sommet de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) en Malaisie où elle doit se rendre à la fin de la semaine.
La chef de la diplomatie américaine a également prévu de rencontrer le dirigeant palestinien modéré Mahmoud Abbas, avant de se rendre à Rome, où elle doit participer à une réunion internationale sur le Liban.
Avant son départ des Etats-Unis, Mme Rice a participé avec le président George W. Bush à une rencontre à la Maison Blanche avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal, qui a déclaré à sa sortie de la présidence avoir insisté auprès des dirigeants américains pour un cessez-le-feu au Liban.
La responsable de la diplomatie américaine a déclaré qu'elle avait eu de nombreux entretiens avec les responsables israéliens sur l'ouverture de corridors humanitaires maritime et terrestre pour les civils libanais.
A Rome, elle doit participer à une réunion du "groupe de contact" sur le Liban qui, outre les Etats-Unis, l'Italie et le Liban, regroupe la France, la Russie, la Grande-Bretagne, l'Egypte, l'Arabie saoudite ainsi que l'Union européenne, la Banque mondiale et les Nations unies.
Mme Rice, qui refusait jusqu'ici d'appeler à un cessez-le-feu au Liban, a déclaré qu'à Rome elle appellerait à la mise en place d'un cadre pour un cessez-le-feu qui serait axé sur la nécessité de désarmer le Hezbollah.
Les Etats-Unis et, dans une certaine mesure, la Grande-Bretagne étaient jusqu'à présent les seuls participants à cette conférence qui n'aient pas appelé à un cessez-le-feu immédiat au Liban, alors que le conflit a fait plus de 350 morts au Liban et une trentaine en Israël depuis le 12 juillet, selon un bilan de l'AFP.
Tout accord doit prévoir qu'il n'y a pas de place pour "les groupes terroristes, les groupes non autorisés capables d'utiliser le territoire du Liban puis de lancer des activités illégales et ensuite de plonger le Liban et la région dans la guerre", a-t-elle dit.
Elle a également demandé au gouvernement libanais de prendre des mesures pour étendre son contrôle sur tout son territoire, en accord avec l'application de la résolution 1.559 des Nations unies, qui appelle au désarmement des milices.
"Le gouvernement du Liban est le gouvernement du Liban, traitons le gouvernement du Liban comme un gouvernement souverain tel qu'il est", a-t-elle insisté. "L'important ici est que le Liban doit regagner tout son territoire", a-t-elle déclaré.
Mme Rice a précisé qu'elle laisserait le secrétaire d'Etat américain adjoint pour le Proche-Orient, David Welch, et le conseiller national adjoint pour la sécurité Elliott Abrams au Proche-Orient quand elle quittera la région pour l'Asie.
"Je suis parfaitement préparée à y retourner si cela s'avère nécessaire ou utile", a-t-elle déclaré.
Mme Rice a également rejeté les critiques de ceux qui jugent qu'il existe peu de chances de résoudre la crise sans que les Etats-Unis engagent un dialogue avec la Syrie, accusée de soutenir le Hezbollah.
Elle a notamment souligné que Washington dispose d'une ambassade à Damas, même si ils n'y ont pas d'ambassadeur actuellement, et que cette ambassade pourrait servir de "canal" pour parler aux Syriens.
"Nous avons parlé aux Syriens, le problème n'est pas que l'on a pas parlé aux Syriens, le problème est que les Syriens n'ont pas agi", a-t-elle dit.
Condoleezza rice a enfin souligné l'inquiétude américain pour la situation humanitaire au Liban après une série d'avertissements des Nations unies, de l'Europe et du monde arabe sur l'impact sur les civils des bombardements israéliens.