Liban : Chirac demande l'ouverture de "corridors humanitaires"

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Jacques Chirac a demandé mercredi l'ouverture de "corridors humanitaires" à l'intérieur du Liban pour permettre le déplacement des réfugiés, ainsi qu'entre le Liban et Chypre par où les étrangers sont évacués.
Le chef de l'Etat a également annoncé l'envoi d'un avion gros porteur emportant des médicaments, des installations pour l'eau potable et des groupes électrogènes pour les hôpitaux. Cet avion, qui répond à "un appel à l'aide du gouvernement libanais" doit partir "dans les heures qui viennent" pour Larnaca, d'où sa cargaison sera transportée au Liban par bateau.
"Il faut établir des corridors humanitaires à l'intérieur du Liban pour permettre le déplacement de populations qui ont besoin de bouger, elles doivent pouvoir le faire dans une certaine sécurité. Et des corridors également entre le Liban et l'extérieur, c'est-à-dire essentiellement pour le moment entre le Liban et Chypre", a dit M. Chirac dans une déclaration à la presse.

Le chef de l'Etat s'exprimait à l'issue d'une réunion de crise sur le Liban et la situation humanitaire, à laquelle participaient Dominique de Villepin et les principaux ministres concernés. Cette réunion visait à "faire le point sur la situation au Liban", qui, a-t-il dit, "nous préoccupe énormément".
M. Chirac a également énoncé comme deuxième "urgence" l'imposition d'une "trève humanitaire pour ne pas laisser la situation se développer comme elle se développe actuellement", alors que ce pays est quotidiennement bombardé par l'aviation israélienne depuis le début de l'offensive le 12 juillet.

Le chef de l'Etat a rappelé les conditions d'un apaisement du conflit, qu'il a qualifiées de "gestes indispensables pour un retour à la paix": la libération des soldats israéliens enlevés par le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais, l'arrêt des tirs de roquettes sur Israël, l'arrêt des bombardements "qui détruisent à la fois les équipements indispensables à la vie du Liban et qui font hélas des victimes, morts et blessés".
Concernant la Palestine, M. Chirac a également jugé "indispensable de reprendre le dialogue avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas". Et il a jugé que "les Libanais doivent comprendre (...) qu'il ne peut pas y avoir de Liban stable politiquement, assumant ses responsabilités et son développement, de Liban démocratique, si une partie de son territoire est occupée par des milices qui n'obéissent pas au gouvernement central libanais".
La France a commencé à évacuer ses ressortissants du Liban, au nombre d'environ 20.000.
Au moins 55 civils ont péri en quelques heures dans des raids israéliens particulièrement violents mercredi au Liban.