Liban : Chirac favorable à des "moyens de coercition" pour la force internationale

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Le président français Jacques Chirac a appelé dimanche au désarmement du Hezbollah chiite libanais "dans les délais les plus brefs", une position partagée par le sommet du G8 de Saint-Pétersbourg, en particulier les Etats-Unis.
Le président français Jacques Chirac a appelé dimanche au désarmement du Hezbollah chiite libanais "dans les délais les plus brefs", une position partagée par le sommet du G8 de Saint-Pétersbourg, en particulier les Etats-Unis. — Patrick Kovarik AFP

Le rétablissement de la stabilité au Liban, à laquelle pourrait contribuer une force internationale, devrait nécessiter "quelques moyens de coercition", a déclaré lundi le président français Jacques Chirac à l'issue du sommet du G8 de Saint-Pétersbourg.
"Il faut une sorte de cordon sanitaire. L'idée c'est à la fois d'avoir une force internationale et d'avoir également un cordon de surveillance" au sud Liban, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Interrogé sur l'application de la résolution 1559 du Conseil de sécurité, qui prévoit le désarmement des milices libanaises, il a répondu que "cela demandera probablement quelques moyens de coercition".
"On ne peut pas laisser les choses aller ainsi. Il faut avoir un moyen de répression, le cas échéant, et en tous les cas de surveillance", a-t-il ajouté. "Nous avons une situation qui exige une intervention extérieure, de façon à essayer de garantir les frontières et d'éviter les agressions des uns contre les autres au travers des frontières".

De son côté, le Premier ministre britannique, Tony Blair, a déclaré que la force internationale proposée pour le Liban devra comprendre beaucoup plus que les 2.000 hommes de la mission de l'ONU déjà présente dans le sud.

S'adressant à la presse à la fin du sommet du G8 de Saint-Pétersbourg, M. Blair a ajouté que cette force de "stabilisation" envisagée serait un "contingent plus important et doté d'une mission bien plus précise et claire" que les 2.000 hommes de l'actuelle mission d'observateurs, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).
"De toute évidence, il faudra du temps pour mettre cela sur pied", a-t-il dit.
M. Blair a averti que la force "ne pourra opérer que dans des conditions où les hostilités auront cessé" entre Israël et le mouvement chiite libanais Hezbollah.
Il a aussi appelé la Syrie et l'Iran à exercer leur influence sur le Hezbollah pour que les milices cessent leurs attaques, qui ont provoqué la riposte israéliennes.
"Tout pays -- que ce soit la Syrie, ou l'Iran ou un autre pays -- qui a une influence sur le Hezbollah, et sur cette situation, doit en faire usage" pour désamorcer la crise", a-t-il dit.
Israël a estimé prématuré lundi de discuter la création d'une nouvelle force de paix au Liban-sud, alors que son offensive se poursuivait.
La Finul a été créée en 1978 pour superviser le retrait des forces israéliennes du sud du pays, un retrait qui n'a eu lieu que 22 ans plus tard.
Sa mission était alors "de confirmer le retrait des forces israéliennes, de rétablir la paix et la sécurité internationales et d'aider le gouvernement libanais à assurer la restauration de son autorité effective dans la région" du Liban-sud.
Son mandat est renouvelable tous les six mois et le dernier en date expire fin juillet.