Les réactions

— 

Zinédine Zidane n'est plus un joueur de football, il est désormais un joueur qui appartient à la légende, malgré une finale ternie par un geste de folie et une exclusion, dimanche contre une Italie qui l'a privé d'adieux en apothéose et d'une deuxième étoile de champion du monde (1-1 a.p., 5 tab à 3).
Zinédine Zidane n'est plus un joueur de football, il est désormais un joueur qui appartient à la légende, malgré une finale ternie par un geste de folie et une exclusion, dimanche contre une Italie qui l'a privé d'adieux en apothéose et d'une deuxième étoile de champion du monde (1-1 a.p., 5 tab à 3). — John Mac Dougall AFP
Bixente Lizarazu (champion du monde 1998 au micro de Canal+): "Il s'est passé beaucoup de choses, des moments de domination italienne mais c'est vrai qu'en seconde mi-temps et notamment sur les prologations, ce fut de la domination française. Même à 10 contre 11 on était mieux physiquement et c'est à ce moment que l'on aurait pu faire la différence. Malheureusement on a pas pu le faire et on a du aller au penalties et les penalties c'est la loterie. C'est triste. C'est vrai que les Italiens on les avait battus en 2000 sur un coup du sort aussi dans les dernières minutes. Ils tiennent leur revanche".

Emmanuel Petit (Champion du monde 1998 au micro de RTL): "La frustration, elle est énorme. On arrive aux tirs au but après avoir fait un parcours aussi splendide. Les Italiens le méritent également au vu de leur parcours dans la Coupe du monde. (Zidane) il gâche sa sortie, mais faut pas retenir cela de Zizou, on sait ce qu'il a fait durant toute sa carrière, il a réussi en partie son Mondial. Même à 10 contre 11 on n'a jamais senti la domination des Italiens. Moi je tire un chapeau à tous les joueurs de l'équipe de France. Les Italiens ont bien tiré leurs penaltys. Buffon n'a pas arrêté un seul tir. C'est un coup de malchance le tir sur la barre de David Trezeguet). Ca nous avait réussi en 1998, mais cela ne nous a pas réussi ce soir. C'est extrêmement frustrant de perdre sur un ballon sur une barre, alors qu'on a fait jeu égal avec les Italiens. C'est une finale il faut un vainqueur, et les Italiens l'ont mérité. Place à une nouvelle génération incarnée par Ribéry. Nous, on avait suivi la génération Platoche, maintenant notre génération s'est éteinte complètement. C'est à eux de reprendre le flambeau parce qu'il y a énormément de talents dans ces jeunes. Avec l'expérience et le mental qu'il y a maintenant dans le foot français, je pense qu'on revivra de très belles aventures."

Alou Diarra (milieu de terrain français, au micro de la radio RMC): "On n'a rien à se reprocher. Il nous a manqué peut-être un petit peu de rigueur après le premier but. C'est dur de ne pas gagner. Mais je pense que dans ce Mondial un groupe est né. C'est dommage de ne pas rapporter le trophée au pays."

Paolo Rossi (Champion du monde lors du Mondial-1982 sur SKY Italia) : "C'était un match très tendu, mais nous méritons notre victoire. Félicitation toutefois à la France qui a joué un très grand match, même en se retrouvant à dix."

Didier Deschamps (ancien capitaine des Bleus champions du monde en 1998, au micro de RMC): "La France a dominé toute la 2e mi-temps, et les prolongations. L'Italie était à bout de souffle. On aurait mérité de gagner. On avait la main mise sur le match. C'est dommage qu'on n'ait pas réussi à tuer le match. Les Italiens ont attendu la séance de tirs au but. Ils n'ont pas fait une grande finale. La sortie de Zidane: c'est dommage pour lui. C'est une image qui va faire le tour du monde et ce n'est pas l'image qu'il faut garder de lui."

Walter Veltroni (Maire de Rome) :"Une merveilleuse victoire, tous les garçons ont joué un Mondial extraordinaire sous la conduite d'un grand technicien. Toute l'Italie embrasse les Azzurri et Rome leur offrira demain (lundi), une superbe fête au Circo Massimo."

L'Union pour un mouvement populaire (UMP) a salué "l'extraordinaire parcours des Bleus", qui ont été battus dimanche soir par l'Italie en finale du Mondial de football.
Dans un communiqué, l'UMP rend hommage aux joueurs français "qui se sont battus avec panache". "Tout au long de cette coupe du monde, c'est toute la France qui a retenu son souffle", ajoute le parti politique.
"C'est tout un pays qui a soutenu avec passion son équipe nationale et c'est tous ensemble que nous remercions ce soir cette équipe qui n'a jamais cessé de croire en elle malgré les difficultés", écrit encore l'UMP. "Bravo et merci les Bleus", conclut le parti.

Gianluigi Buffon (gardien de but de l'Italie) "Nous avons eu un brin de réussite c'est sûr, pour moi c'est un rêve d'enfant qui se réalise. C'est la force du groupe, uni et soudé, qui a gagné, plus que le talent de quelques individualités."

Roland Courbis (entraîneur, au micro de RMC): "On ne le saura jamais, mais par curiosité, j'aimerais savoir quelle genre de parole Materazzi a dite à Zidane pour qu'il pète un boulon comme ça".

Aimé Jacquet (sélectionneur de l'équipe de France, championne du monde en 1998): "Une séance de tirs au but c'est toujours aléatoire. Les joueurs sont fatigués, manquent de sérénité, de lucidité... Et je dois dire que ma déception est double. Parce que je pense que la France a fait un match plein. Je pensais tout au long de cette deuxième mi-temps et les prolongations que nous allions marquer parce que la France était beaucoup plus présente physiquement, techniquement. Je m'attendais à tout moment à un but. Malheureusement, comme savent le faire ces Italiens, ils ont su reculer, temporiser, casser le jeu et puis l'éviction de Zizou a été terrible! (comment expliquer ce coup de sang) Très simplement. Ils ont été au bout de leurs possibilités physiques, peut-être psychologiques aujourd'hui les Italiens comme les Français, et puis il y a eu une provocation et peut-être des mots qui ont été jetés comme cela. Et Zizou est très réactionnel et malheureusement il n'a pas su se contrôler. C'est terrible de le voir partir comme cela car je pensais très sincèrement qu'il allait soulever cette Coupe du monde".

Jacques Chirac a dit dimanche soir sur TF1 son "admiration" aux Bleus, imputant au "hasard" la défaite aux tirs au but de la France face à l'Italie (1-1, 5 t.à.b à 3) en finale du Mondial de football.
Le président de la République a également rendu hommage à Zinédine Zidane, exclu en prolongation pour un mauvais geste sur un défenseur italien: "Je ne sais pas ce qui s'est passé et pour quelle raison il a été sanctionné".
"Mais je voudrais dire toute l'estime que j'ai pour un homme qui a incarné à la fois les belles valeurs du sport, les plus grandes qualités humaines et qui a fait honneur au sport français et tout simplement honneur à la France", a-t-il poursuivi.
"Je suis à la fois heureux et désolé. Heureux de la superbe épopée" de l'équipe de France qui "jusqu'en finale a eu un comportement extraordinaire", mais "désolé que le sort, je dis vraiment le sort, le hasard, ne lui ait pas été favorable".
"C'est une affaire véritablement de hasard. Je n'ai pas à les consoler. J'ai simplement à leur exprimer mon admiration et mon estime", a dit Jacques Chirac qui recevra les Bleus lundi à déjeuner au palais de l'Elysée.
"J'imagine qu'ils seront tristes. Ils n'ont pas de raison réelle d'être tristes. Ils ont fait quelque chose d'extratordinaire qui a fait vibrer toute la France. C'est admirable à tous égards. Ils ont toutes raisons d'être fiers de ce qu'ils ont fait et fiers d'eux mêmes, indépendamment d'un problème de hasard".

Raymond Domenech (sélectionneur de l'équipe de France, au micro de Canal+): "Je suis profondément déçu. On ne peut être que déçu, par le parcours, par le match, par le final. Sur la qualité du jeu, on le méritait. Seule la victoire est belle et il nous a manqué un petit quelque chose. L'objectif, c'était d'aller au bout. On peut dire que c'est pas mal, mais ce sont les Italiens qui sont champions du monde. Ils ont mis un acharnement pour arriver aux tirs au but. Pour eux, c'était la seule issue possible. Dans le jeu, je n'ai pas grand chose à dire: il aurait fallu que la tête de Zizou ne soit pas sortie pas Buffon. Materrazzi, c'est l'homme du match, ce n'est pas Pirlo. Le faire finir de cette manière, c'est triste. Il a fait une grande carrière, une grande Coupe du monde. Quand on +prend+ (sic) comme lui pendant 1h20 et que l'arbitre laisse gentiment faire, on comprend. On n'excuse pas mais on comprend. Pour demain, si c'est moi qui décide, on ne fait pas de défilé. Il y a 30 ans on a défilé pour une défaite, alors je ne préfère pas."

Didier Deschamps (champion du monde 1998 au micro de Canal+): Tristesse au vu du match, mis à part la première mi-temps où on a été dominé, mais toute la deuxième mi-temps et dans les prolongations, l'équipe de France a cherché à créer alors que l'Italie s'est contentée de défendre. Certainement qu'elle ne pouvait pas faire autre chose. En regardant le match on sentait qu'ils voulaient arriver à cette séance de tirs au but où forcément ils devaient se sentir forts. Et malheureusement, nous on avait perdu nos tireurs, durant le match. Que ce soit Zizou, Titi (Henry) ou Ribery. Forcément avec Buffon dans les buts ils (Italiens) se sentaient forts. Malheureusement on aurait pu être récompensé car on a fait un meilleur match qu'eux.