Corée du nord: condamnation internationale des sept missiles

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La Corée du Nord a procédé mercredi au tir d'essai de six missiles, dont un engin susceptible de frapper les côtes américaines, suscitant une vague de condamnations internationales tandis que le Conseil de sécurité des Nations unies s'apprêtait à se réunir.
La Corée du Nord a procédé mercredi au tir d'essai de six missiles, dont un engin susceptible de frapper les côtes américaines, suscitant une vague de condamnations internationales tandis que le Conseil de sécurité des Nations unies s'apprêtait à se réunir. — Kim Jae-Hwan AFP

La Corée du Nord a procédé mercredi au tir d'essai de sept missiles, dont un engin susceptible de frapper les côtes américaines, suscitant une vague de condamnations internationales tandis que le Conseil de sécurité des Nations unies s'apprêtait à se réunir.

Après une annonce par les Etats-Unis du lancement de six missiles, mercredi à l'aube, le ministère japonais de la Défense a indiqué dans la soirée qu'un septième engin avait été lancé vers 17H22 locales (0822 GMT). Comme les autres missiles, il s'est abîmé peu après son décollage.

Le chef de la diplomatie australienne, Alexander Downer, avait déjà indiqué disposer d'informations suggérant que la Corée du Nord allait "probablement" procéder à de nouveaux lancements.

Les Etats-Unis avaient indiqué que les six premiers missiles n'avaient pas posé de menace directe pour le territoire américain. Le système de défense antimissiles n'a ainsi "pas été utilisé", ont indiqué des militaires.

Six missiles étaient à courte portée et un autre un Taepodong-2, d'une portée allant jusqu'à 6.700 kilomètres, suffisante pour toucher l'Alaska, voire Hawaï. Un tir d'autant plus inquiètant que la Corée du Nord a déjà revendiqué la possession de l'arme atomique. Le Taepodong-2 s'est cependant perdu en mer 40 secondes après son lancement, selon Séoul.

Les tirs ont suscité une levée de boucliers à travers le monde, notamment au Japon voisin qui a obtenu une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu, ce mercredi à 14H00 GMT.

La France a "condamné" les tirs, accusant la Corée du Nord d'être un "acteur majeur de la prolifération des missiles dans le monde". Londres a dénoncé une "provocation qui ne sert qu'à accroître les tensions dans la région".

Les Etats-Unis, en pleine Fête de leur indépendance du 4 Juillet au moment des tirs, ont fait part de leur "ferme condamnation". "Nous sommes en consultation avec des partenaires internationaux sur les prochaines mesures à prendre", a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Tony Snow.

A Moscou, le porte-parole de la diplomatie Mikhaïl Kamynine a estimé que "ce genre d'action compliquait singulièrement la situation créée par le programme nucléaire (nord-)coréen".

Pékin, fidèle allié de Pyongyang, n'avait pas encore réagi mercredi en fin d'après-midi (heures locales).

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice s'entretenait au téléphone avec ses homologues concernés et le secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires asiatiques, Christopher Hill, devait s'envoler dès mercredi pour l'Asie afin de décider de mesures à prendre avec les partenaires des Etats-Unis aux négociations à six: les deux Corées, la Chine, la Russie et le Japon.

Le régime nord-coréen refuse depuis novembre de revenir à la table de ces négociations multilatérales qui tentent en vain depuis près de trois ans d'obtenir l'abandon de ses programmes nucléaires.

Le Japon, qui avait déjà été vivement secoué par un tir de missile nord-coréen au-dessus de l'Archipel en 1998, a promis des "mesures vigoureuses", soit par l'intermédiaire des Nations unies, soit unilatéralement.

Premières rétorsions concrètes, les autorités ont déclaré persona non grata les diplomates nord-coréens et banni les vols charters de Pyongyang. Un ferry nord-coréen a également été interdit pour une période de six mois, coupant un lien important pour l'économie nord-coréenne exsangue.

Le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi a cependant souligné le "besoin de maintenir un espace pour le dialogue". "Rien ne peut être réglé sans dialogue", a déclaré M. Koizumi.

Séoul a averti que la Corée du Nord "devrait être tenue responsable de toutes les conséquences" des tirs et évoqué un possible abandon de l'aide humanitaire qu'elle offre au Nord, en proie à une pénurie alimentaire chronique.

Pyongyang est resté muet. Seul Ri Pyong-dok, un responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, a commenté les tirs, en recevant des journalistes japonais à Pyongyang. "La décision de lancer des missiles concerne notre souveraineté et personne n'a le droit de nous dire si cela est bien ou pas", a expliqué l'officiel sans confirmer les lancements.