Israël rejette l'ultimatum palestinien

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Sur le terrain, des soldats et des blindés opéraient dans le nord de la bande de Gaza depuis lundi à l'aube, à la recherche de tunnels, de caches d'armes et de points de lancement de roquettes contre le sud d'Israël. Un activiste palestinien a été tué, selon des sources concordantes.
Sur le terrain, des soldats et des blindés opéraient dans le nord de la bande de Gaza depuis lundi à l'aube, à la recherche de tunnels, de caches d'armes et de points de lancement de roquettes contre le sud d'Israël. Un activiste palestinien a été tué, selon des sources concordantes. — David Furst AFP

Les groupes armés palestiniens qui détiennent un soldat israélien ont lancé lundi un ultimatum de moins de 24 heures à Israël pour libérer des prisonniers, immédiatement rejeté par l'Etat hébreu qui poursuit son offensive anti-Hamas.


Sur le terrain, des soldats et des blindés opéraient dans le nord de la bande de Gaza depuis lundi à l'aube, à la recherche de tunnels, de caches d'armes et de points de lancement de roquettes contre le sud d'Israël. Un activiste palestinien a été tué, selon des sources concordantes.


"Devant l'insistance de l'ennemi sioniste à poursuivre les mesures militaires et l'agression, nous lui accordons un délai expirant mardi 4 juillet à 06H00 (03H00 GMT)", ont proclamé les Brigades Ezzedine Al-Qassam (branche armée du Hamas), les Comités de la résistance populaire et l'Armée de l'Islam.
"Si l'ennemi ne satisfait pas nos demandes formulées dans notre précédent communiqué, (..) nous considérerons le dossier comme clos et l'ennemi aura à assumer tous les résultats", ont-ils ajouté.
Le communiqué ne précise pas quel sera le sort du soldat Gilad Shalit si leurs revendications sont satisfaites, ni dans le cas contraire.
Israël, qui a à plusieurs reprises rejeté tout "marchandage" avec les ravisseurs, a maintenu officiellement cette ligne.


"Nous examinons ce communiqué et nous maintenons pour le moment la position officielle exprimée par le Premier ministre (Ehud Olmert) qui consiste à rejeter toute négociation avec les ravisseurs et à céder à tout chantage", a déclaré un responsable israélien.


La radio militaire a relevé un changement de ton parmi les responsables militaires israéliens qui, en privé, n'excluent plus un échange de prisonniers palestiniens pour récupérer le soldat.
Les trois groupes armés ont réclamé la libération des femmes et des mineurs palestiniens détenus en Israël en échange d'informations sur le soldat enlevé ainsi que l'élargissement de mille autres détenus palestiniens et arabes, "dont tous les chefs de factions palestiniennes" emprisonnés.
Plus d'une semaine après la capture du caporal Gilad Shavit, 19 ans, les efforts déployés pour dénouer la crise du président palestinien Mahmoud Abbas et des médiateurs égyptiens étaient au point mort.
Le président égyptien Hosni Moubarak était attendu lundi après-midi à Djeddah, sur la mer Rouge, pour évoquer la situation avec le roi Abdallah d'Arabie saoudite, selon un diplomate arabe.


Israël poursuit son offensive jusque-là limitée dans la bande de Gaza tout en rééditant ses menaces contre les dirigeants du Hamas.
Les raids aériens nocturnes se sont également poursuivis, notamment contre un dépôts de fabrication de roquettes des Brigades des Martyrs d'Al Aqsa, un groupe armé lié au Fatah.


La branche armée du Hamas a mis en garde dimanche Israël contre des représailles sur les infrastructures et bâtiments gouvernementaux en cas de nouveaux raids, quelques heures après une nouvelle attaque de ce type contre les bureaux du Premier ministre du Hamas, Ismaïl Haniyeh.
Dimanche soir, deux Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens près l'aéroport de Gaza, à Rafah, selon le Dr Ali Moussa de l'hôpital de la ville. Un porte-parole israélien avait fait état de trois tués.
Dans le même temps, l'étau continuait de se resserrer contre le Hamas avec la fermeture de neuf institutions caritatives liées au mouvement dans la nuit à Naplouse (Cisjordanie) pour un an, selon des sources militaires israéliennes.


"Plus vite ce gouvernement d'assassins disparaîtra, mieux cela vaudra aussi pour le peuple palestinien", a déclaré Binyamin ben Eliezer, ministre des infrastructures et membre du cabinet de sécurité.
"J'ai donné ordre à l'armée et aux forces de sécurité d'agir avec toute leur puissance pour poursuivre les terroristes, leurs idéologues et ceux qui leur offrent protection", a affirmé M. Olmert, qui a une nouvelle fois pointé du doigt la Syrie.