Candidature éventuelle de Jospin : les réactions

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Manuel Valls, député-maire socialiste d'Evry, s'est félicité de la déclaration de Lionel Jospin : "Je l'attendais, je l'espérais. Le pays a besoin de Lionel Jospin". L'ancien Premier ministre a "une expérience qui est nécessaire", "il a la capacité de rassembler les socialistes, la gauche et les Français, de mener aussi des réformes profondes, d'incarner de la modernité et du progrès", a-t-il ajouté. Manuel Valls a fait valoir aussi que "la France a besoin d'une voix forte dans l'Europe, dans le monde". "La politique, ce ne peut pas être uniquement la mode, les sondages, le moment", a-t-il dit.

Jean-Marc Ayrault : "Lionel Jospin souhaite-t-il revenir comme candidat à la présidence de la République ? A l'évidence, il semble que oui. Les Français le souhaitent-ils ? C'est une autre question, nous verrons dans les mois qui viennent ce qu'il en est réellement".

Jack Lang : "Le mérite de l'intervention de Lionel Jospin dans Le Monde et à la télévision est de placer le débat sur l'élection présidentielle sur le bon terrain. Le bon terrain n'est pas de savoir lequel d'entre nous peut l'emporter, car les plus grandes chances de victoire sont de notre côté. Le vrai sujet est de savoir quel projet les socialistes veulent incarner au gouvernement et à la tête de l'Etat et quel est celui d'entre nous qui incarnera le mieux cette volonté". 

Pierre Moscovici, partisan de Dominique Strauss-Kahn : "Lionel Jospin s'est placé dans la posture du recours. Je n'exclus pas qu'il soit notre candidat mais je ne vois pas dans quelles circonstances cela peut arriver". Il a noté que mercredi soir, en ouvrant la porte à une candidature à l'investiture socialiste, Lionel Jospin s'était dit "disponible dans certaines circonstances particulières". "Je ne sais pas de quelles circonstances il parlait (...) Le fait qu'il y ait plusieurs candidats à l'investiture ne suffit pas à créer cette circonstance-là (...) Il faut des circonstances plus graves qui concernent la France, qui concernent le pays". Il a indiqué n'avoir été "ni surpris, ni choqué" par la déclaration de Lionel Jospin. "Il a le droit de participer à ce débat et honnêtement, je préfère qu'il le dise clairement plutôt que de laisser planer un doute sur ses intentions". Il a indiqué avoir entendu "quelqu'un qui se disait disponible". "En même temps, ce n'est pas un acte de candidature". "Il faudra qu'il aille plus loin, qu'il dise voilà ce que j'ai à proposer". Selon lui, Lionel Jospin s'est exprimé, car "il estime qu'il n'y a pas d'offre politique satisfaisante et que ce que proposent les sondages n'est pas la solution". "Si Dominique Strauss-Kahn ou Laurent Fabius, ou le premier secrétaire du PS François Hollande étaient en situation de leadership, il ne se serait pas exprimé de cette façon-là".

Dominique Strauss-Kahn : "Je ne fais pas de commentaire sur les choses que je n'ai pas vues, et vous savez très bien que je ne l'ai pas vu. Je ne me fie jamais à ce qu'on me rapporte, j'attendrai de voir".

Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn : "Lionel Jospin dit « si les conditions sont réunies, je verrai et je me poserai la question ». Il décrit une situation qui pour lui s'est ouverte, il attend de voir si les conditions sont réunies, s'il est en capacité de rassembler : en attendant la campagne continue".

François Hollande, premier secrétaire du PS, a pourfendu une "conception de la politique où on prendrait son ticket vingt ans à l'avance", puis "on viendrait le faire oblitérer en disant: « j'étais le premier sur la liste ».

Dominique de Villepin avait estimé mercredi, avant la déclaration de Lionel Jospin, que la France a besoin "de tous les talents dans la vie politique". "Il s'agit d'un choix qui est le sien" que "je n'ai pas à commenter", avait-il ajouté en soulignant que la campagne présidentielle "est la rencontre d'un homme et d'un peuple".

Gilles de Robien (UDF), ministre de l'Education nationale : "C'est un non événement. Le seul événement serait que M. Jospin reviendrait sur sa parole".