Clearstream : les notes de Rondot impliquent Chirac

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Atteint par l'affaire Clearstream, Jacques Chirac est pour la première fois sorti mercredi de sa réserve pour tenter d'enrayer un scandale qui menace la fin de son mandat.
Atteint par l'affaire Clearstream, Jacques Chirac est pour la première fois sorti mercredi de sa réserve pour tenter d'enrayer un scandale qui menace la fin de son mandat. — Michel Euler AFP

Le Monde publie dans son édition datée de vendredi des notes accumulées par le général Philippe Rondot, acteur clé dans l'affaire Clearstream, qui, selon le quotidien, constituent "une pièce à charge contre les plus hauts responsables du pouvoir exécutif".
Plusieurs de ces notes font état "d'instructions" de Jacques Chirac dans cette affaire et montrent l'insistance de Dominique de Villepin (alors ministre des Affaires étrangères) à rechercher une implication dans le scandale de son rival, Nicolas Sarkozy, implication qui s'est avérée fausse, explique Le Monde.

"Protéger le président", ou "risque: que le PR (président de la République) soit atteint", écrit dans plusieurs notes le général Rondot, conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales du ministre de la Défense entre 1997 et 2005.
Il s'agit de notes manuscrites écrites entre la fin 2003 et la mi-2005, et qui ont été saisies par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, chargés de l'enquête, poursuit le quotidien.

Chargé par Dominique de Villepin de vérifier l'existence de comptes bancaires à l'étranger attribués à des personnalités, dont Nicolas Sarkozy, le général Rondot rapporte par écrit le 19 juillet 2004 ce propos de M. de Villepin: "Si nous apparaissons, le PR et moi, nous sautons".

Concernant l'insistance de M. de Villepin à rechercher une implication de M. Sarkozy dans cette affaire, en dépit de résultats négatifs des services de renseignements, Le Monde cite notamment la note suivante du général Rondot: "D de V estime que malgré les vérifications négatives, il y a quelque chose, car tout ce beau monde s'agite et s'inquiète. N. Sarkozy ?"