Frédéric Mitterrand donne ses lettres de noblesse aux jeux vidéo

JEUX VIDEO Le ministre annonce des mesures en leur faveur...

Charlotte Pudlowski

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Comme pour le cinéma, le jeu vidéo engendre des quantités de produits dérivés. Les figurines des héros sont très convoitées par les fans et les collectionneurs.
Comme pour le cinéma, le jeu vidéo engendre des quantités de produits dérivés. Les figurines des héros sont très convoitées par les fans et les collectionneurs. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

«Un peu de respectabilité, merde, après tout!» Voilà ce que demande Jean-Claude Larue, délégué général du syndicat professionnel SELL, et l’ensemble de l’industrie du jeu vidéo. C’est tout ce qui lui manque, puisqu’elle a l’argent, les clients, l’avenir. Et c’est ce que Frédéric Mitterrand lui a donné le 26 avril en voulant manifester «la reconnaissance publique de cette forme de création originale, qui est parmi les plus innovantes et dont le poids économique est loin d'être négligeable.»
 
Du coup l’industrie du jeu vidéo ne se sent plus de joie. «C’est formidable d’avoir un ministre de la culture qui parle de façon aussi positive des jeux vidéos. Nous ne sommes pas habitués, surtout pas dans ce gouvernement,» explique Jean-Claude Larue. «Et cela fait d’autant plus plaisir que Frédéric Mitterrand n’est pas n’importe quel ministre. Il a un vrai parcours dans la culture, c’est un homme de lettres, de cinéma, c’est un artiste. Alors quand il vous dit que les jeux vidéos, c’est comme la BD il y a 30 ans, que ça deviendra aussi un art majeur, ça fait du bien.»
 
Saint-Germain VS le reste du monde
 
Ca fait du bien, car l’industrie du jeu vidéo est malmenée par les élites. «Les consommateurs, les familles, les journalistes, même les pédiatres et autres cliniciens ont maintenant compris. Mais aux terrasses du Flore, à Saint-Germain-des-Prés, ils nous crachent encore dessus. Il reste à convaincre une classe de politiciens, dont la caricature est Nadine Morano
 
Soutenir la création

Outre la respectabilité, Frédéric Mitterrand a aussi apporté un soutien concret, avec notamment des incitations fiscales, le lancement d'un «prix du créateur de jeux vidéo» qu'il remettra lors du Festival du jeu vidéo en septembre, la mise en place d'un «observatoire du jeu vidéo», le lancement d'une «mission sur le statut juridique du jeu vidéo»...
 
Jonathan Dumont, président du Festival du jeu vidéo, se félicite de ces mesures. «On a connu une hausse historique en 2008, mais c’est vrai que 2009 a été plus dure, et nous sommes maintenant dans une période de transition, avec de nouveaux défis, comme la dématérialisation des jeux. C’est bien que le ministre de la culture montre son soutien.»

Bataille gagnée

Mais c’est bien l’aspect symbolique, le fait de consacrer le jeu vidéo comme une discipline de valeur, qui a le plus d’importance. Avec, selon Larue, «23 millions de joueurs, 3 ou 4 fois l’industrie musicale, idem pour le cinéma en salle: la bataille économique est déjà gagnée.»