L'Aiguillon-sur-Mer toujours sous le choc

REPORTAGE Les habitants de la la région peinent à se remettre de la catastrophe...

A L'Aiguillon-sur-Mer, Guillaume Frouin

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Des militaires français à l'Aiguillon-sur-mer le 1er mars 2010.
Des militaires français à l'Aiguillon-sur-mer le 1er mars 2010. — G. FROUIN/20 MINUTES

Chaos de boue. Dans les rues de L'Aiguillon-sur-Mer et de La Faute-sur-Mer, les habitants semblent encore sonnés par l'ampleur de la catastrophe qui vient de les frapper. Mauricette Van Parys, 68 ans, a ainsi passé la nuit de samedi à dimanche sur le toit de sa voiture, dans le garage de sa maison de La Faute. C'est son mari de 72 ans qui l'y a hissée: Mauricette, handicapée, a une prothèse à la jambe gauche. «C'était terrible… On a eu de l'eau jusqu'au bassin, puis très vite jusqu'au cou», raconte cette nourrice à la retraite, couverture sur les épaules, qui a trouvé refuge depuis au centre d'hébergement d'urgence improvisé dans le gymnase de L'Aiguillon.

 

Douze heures d'enfer

 

A l'intérieur du bâtiment, des tentes ont été montées, des tables avec de la nourriture et du café chaud ont été alignées, et un tas de vêtements attend ceux qui ont tout perdu. «Hormis mon slip et mon pantalon, je n'ai plus rien à moi», soupire un employé du Super U voisin.


Dans l'autre partie du gymnase, quelque quatre-vingts lits de camp ont été installés. Stéphane et Michel, deux amis de 39 et 57 ans, s'y reposent après avoir vécu douze heures d'enfer dans leur résidence secondaire de la Faute-sur-Mer. De 4h à 16h30, ils sont en effet restés dans l'eau, en tentant d'appeler en vain des pompiers submergés d'appels. «Les bulletins météo ne laissaient rien présager», souffle le premier, qui travaille dans une mutuelle à Orléans (Loiret).


Dans sa longue robe noire, Alain Castet écoute les témoignages des uns et des autres. L'évêque de Vendée, où le catholicisme est encore très présent, est venu offrir son «soutien spirituel» aux sinistrés de la baie de l'Aiguillon. «Pour beaucoup, cette région est synonyme pour beaucoup de calme et de vacances», rappelle Mgr Alain Castet, qui fait organiser des messes quotidiennes depuis dimanche soir.

 

«C'est l'apocalypse»

 

«Le contraste avec la force des éléments était d'autant plus violent. Preuve de cette force des éléments», rapportée par tous les témoins, des voiliers et des cabanes de pêcheurs trônent sur le bas-côté de la route de la Pointe de l'Aiguillon, à 300 mètres à l'intérieur des terres. Des routes entières sont défoncées, des caravanes sont renversées. «C'est l'apocalypse», résume une habitante.

Dans le hameau des «Caves», toujours sur la Pointe de l'Aiguillon, les portes des maisons ont été défoncées par la force de la marée haute et la vase est omniprésente. Un homme contemple son pavillon dévasté. «Même si je le remets en état, qui va vouloir m'acheter une maison dont tout le monde sait désormais qu'elle est en zone inondable?», s'interroge-t-il.