La crise économique a aggravé le «mal-logement»

SOCIETE 10,1 millions de personnes concernées en France...

Avec agence

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La crise économique a aggravé en 2009 la crise du logement, devenu lui-même un «creuset des inégalités» pour des millions de personnes en proie à ce «grave problème de société», alerte la Fondation Abbé Pierre dans son 15e rapport annuel publié ce lundi.

Des personnes sans abri à celles logées chez des tiers ou croulant sous les loyers impayés, le mal-logement recouvre des situations très diverses qui concernaient 10,1 millions de personnes en 2009, dont près de 600.000 enfants. Sur ce total, 3,5 millions de personnes, «non» ou «très mal logées», sont dans des situations particulièrement difficiles (+15.000 par rapport à 2008)

Le logement comme facteur d'appauvrissement

«Le logement apparaît comme un facteur d'appauvrissement mais aussi comme une nouvelle source d'inégalité», écrit la Fondation dans son «Etat du mal-logement en France» en 2009. Un tableau qui risque de se noircir encore en 2010, lorsqu'un million de chômeurs arriveront en fin de droits.

Qu'il s'agisse de la construction neuve ou du parc existant, l'offre immobilière s'est «contractée», aggravant la pénurie de logements: il en manquait 900.000 en fin d'année, soit 100.000 de plus qu'à la fin 2008.

Le coût du logement augmente

Parallèlement, le coût annuel moyen de la location ou de l'achat d'un logement ne cesse de progresser (+23% entre 2002 et 2007, à 9.700 euros), et les nouveaux acquéreurs doivent s'endetter sur des périodes toujours plus longues: 14 ans en moyenne en 2001, 18 en 2009.

La Fondation Abbé Pierre propose ainsi de s'attaquer à la crise du logement via une batterie de mesures: parmi elles, «imposer sur tout le territoire et dans tout programme immobilier de plus de 10 logements un quota minimum de 30% de logements à loyer accessible», «encadrer» les loyers des logements qui changent de locataires et ont une fâcheuse tendance à augmenter, ou encore «mettre en place un chèque énergie pour les plus pauvres».