Michael Guigou: «On entre au Panthéon du handball»

HANDBALL L'ailier gauche revient sur le sacre son équipe et se projette (un peu) sur les années à venir...

Propos recueillis par Alexandre Pedro (à Vienne)

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Michael Guigou victorieux avec l'équipe de France de handball face à la Croatie, lors de l'Euro 2010, à Vienne, en Autriche, le 31 janvier 2010.
Michael Guigou victorieux avec l'équipe de France de handball face à la Croatie, lors de l'Euro 2010, à Vienne, en Autriche, le 31 janvier 2010. — Oleg Popov / Reuters
De notre envoyé spécial à Vienne

Comment se sent-on après avoir réaliser un triplé historique (Jo, Mondial, Euro)?

On entre au Panthéon du handball. Personne n'a fait ce triplé. Il y a eu tellement d'équipes qui avaient le potentiel pour le réaliser, mais qui ne l'ont pas fait...  Cela ne rend notre performance que plus impressionnante. On est passé par tous les états dans ce tournoi. Au début, on devait passer des raclées à tout monde et puis on a galéré lors des premiers matchs. Cet Euro a été très, très dur.

Des trois titres, lequel vous a procuré le plus plaisir?
Honnêtement, c'est le titre de champion du Monde en Croatie l'an dernier. C'était encore plus monstrueux. On bat les Croates devant 17.000 personnes, il y a tout un pays qui pleure à la fin. Et puis, je mets 10 buts (rires). Chez l'ennemi, on avait marqué notre territoire et montré qui était le patron.

Avec les blessures et une préparation tronquée, est-ce que cet Euro a été le tournoi le plus dur physiquement que vous ayez connu?
C'est horrible, j'ai mal partout, je suis à la ramasse. Pour cette finale, j'ai vraiment dû prendre sur moi et serrer les dents. Je crois que je n'ai jamais aussi mal dormi de vie que depuis ses deux dernières semaines. Mais comme dit notre docteur: «Vous ferez de vilains vieux, mais des vilains vieux avec plein de belles histoires à raconter à vos petits enfants.»

La tâche s'annonce très compliquée pour la génération qui va succéder à cette équipe? Comment faire mieux?
Cette équipe a encore de beaux jours devant elle. On a une génération monstrueuse. Notre équipe est taillée pour aller jusqu'à Londres en 2012. Après, la génération 2001 (NDLR : celle des frères Gille, Fernandez ou Narcisse) va peut-être passer la main. Nikola Karabatic, Luc Abalo ou moi-même devront prendre le relais. Je ne sais pas si on fera aussi bien... Mais d'abord laissez-nous savourer ce titre. On verra bien après.