Grève et intempéries vont fortement perturber le trafic aérien mercredi

TRANSPORT Le trafic sera réduit de 50% à Orly et d 40% à Orly...

J.C. avec agence

— 

Le Sénat a adopté dans la nuit de lundi à mardi le relèvement de 60 à 65 ans de l'âge limite d'activité en vol des pilotes malgré une grève de quatre jours à Air France contre cette disposition.
Le Sénat a adopté dans la nuit de lundi à mardi le relèvement de 60 à 65 ans de l'âge limite d'activité en vol des pilotes malgré une grève de quatre jours à Air France contre cette disposition. — Jacques Demarthon AFP

Mauvais cocktail. Neige et pluies verglaçantes combinées à un appel à la grève chez les contrôleurs aériens vont fortement perturber mercredi le trafic aérien, la direction générale de l'aviation civile (DGAC) ayant demandé aux compagnies d'annuler la moitié des vols à Orly et 15 à 40% à Roissy.

Plusieurs aéroports de province aussi touchés

La DGAC a demandé aux compagnies aériennes «sur Roissy l'annulation de 40% des vols de 7h à 11h et de 15% à partir de 11h» et prévenu que «sur Orly, le trafic sera réduit de 50%», selon un communiqué. Des perturbations sont aussi à prévoir à Marseille, Toulouse, Nice et Lyon. Et des interrogations demeurent pour Beauvais, Brest, Montpellier.

Air France a annoncé qu'elle assurerait mercredi tous ses vols longs courriers au départ de Paris, mais 50% (Orly) à 75% (Roissy-Charles-de-Gaulle) de ses vols intérieurs et européens.

«Il y aura à la fois un effet météo et un effet grève, sans qu'il soit possible d'évaluer ce qui relève de l'un ou de l'autre», a déclaré à l'AFP Francis Massé, secrétaire général de la DGAC.

Les syndicats s’inquiètent d’un «démantèlement de la DGAC»

Les syndicats CGC-CGT-FO-Unsa/IESSA d'un côté et CFDT de l'autre ont déposé un préavis de grève de 48 heures pour mercredi et jeudi.

Les syndicats s'inquiètent d'un projet gouvernemental d'aller vers une structure européenne intégrée pour la navigation aérienne (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Suisse, Luxembourg), dans lequel ils voient un «démantèlement de la DGAC», dont les 12.000 salariés appartiennent à la fonction publique d'Etat.

«Le secrétariat d'Etat annonce le démantèlement de la DGAC dans deux ans, séparant les fonctions de prestation de service de la navigation aérienne (service rendus aux compagnies aériennes) du reste des services (surveillance, formation, etc.)», écrivaient-ils mardi.

Pour la DGAC, «il y a un enjeu formidable qui s'inscrit dans une évolution permanente de la navigation aérienne», a souligné Francis Massé. Il a aussi rappelé que les objectifs d'une nouvelle organisation étaient: le maintien d'un haut niveau de sécurité malgré un trafic en hausse de 50% dans les quinze prochaines années, une réduction de 17 km en moyenne des routes aériennes, un maintien de la ponctualité des vols et une diminution des coûts facturés aux compagnies.

Mais les syndicats grévistes craignent, à l'instar de la CFDT, «des conséquences sociales inacceptables» et veulent rester dans un système de coopération, qui pourrait être renforcé. Ils dénoncent aussi les réductions de postes (400 en deux ans) dans le cadre du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.