Fillon: «Je ne serai jamais candidat contre le président de la République»

POLITIQUE Dans un livre qui sort jeudi, le Premier ministre explique aussi qu'il quittera ses fonctions avant la présidentielle de 2012...

J.C. avec agence

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François Fillon lors d'une conférence de presse à Moroni, aux Comores, samedi 11 juillet 2009.
François Fillon lors d'une conférence de presse à Moroni, aux Comores, samedi 11 juillet 2009. — AFP / Tony Karumba

Il dit tout. François Fillon quitterait Matignon «pas très longtemps avant les échéances (électorales) de 2012». Il suivrait ainsi un calendrier dont il a discuté avec Nicolas Sarkozy en mai 2008. Ces propos lui sont attribués dans un livre à paraître jeudi, La carpe et le lapin, signé par Alix Bouilhaguet, journaliste politique à France 2, dont l'express.fr publie mardi des extraits.

Selon l'ouvrage, ce calendrier aurait été évoqué lors d'un entretien avec le chef de l’Etat en mai 2008. «On s'est dit les choses sur les échéances à cette occasion-là. Et comme ça correspondait exactement à ce que j'avais toujours estimé être...», déclare aussi le Premier ministre.

«Le Premier ministre ne s’est jamais exprimé en ces termes»

Des propos démentis en fin de journée par Matignon. «Le Premier ministre ne s'est jamais exprimé en ces termes», a déclaré sa conseillère en communication Myriam Lévy, qui avait assisté à l'entretien du 28 août 2009 entre François Fillon et la journaliste auteur du livre. Interrogée par l'AFP, Alix Bouilhaguet a confirmé les propos qu'elle cite, précisant avoir enregistré la conversation.

Dans l'ouvrage, François Fillon révèle également qu'il a envisagé de démissionner en septembre 2007, quatre mois seulement après sa nomination à Matignon, quand la presse faisait état de fortes divergences entre les deux têtes de l'exécutif: «Je reconnais qu'à ce moment-là on a frôlé le clash. Vraiment.»

A l'été 2008, il confirme avoir encore pensé quitter la rue de Varenne, cette fois pour des raisons de santé, lorsqu'il souffrait de sérieux problèmes de dos: «J'y ai pensé, je me disais que je ne pourrais pas continuer comme ça.»

Parlant de la visibilité accrue des plus proches conseillers du président, l'une des pommes de discorde entre les deux hommes, François Fillon réaffirme aussi «que c'est une erreur. Ça n'apporte rien au président de la République. Rien du tout.»

Pas candidat en 2012, mais en 2017...

Sur son avenir politique, le Premier ministre écarte catégoriquement la possibilité de se présenter à la présidentielle de 2012, une nouvelle candidature de Nicolas Sarkozy ne faisant à ses yeux aucun doute. «Je n'ai fait le deuil de rien du tout. Simplement je ne serai jamais candidat contre le président de la République. La question est assez éclaircie pour la prochaine fois.» Ce qui n’exclut rien concernant l'échéance de 2017.

Quant à une candidature à la mairie de Paris en 2014, hypothèse défendue par certains de ses proches, le chef du gouvernement ne se montre pas très enthousiaste: «C'est très loin quand même. Ce n'est pas mon option préférée.»