Mais pourquoi fait-il aussi froid?

METEO C'est un «blocage» qui explique les températures actuelles.

T. B.

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De lourdes chutes de neige ont touché La Glacière, près de Cherbourg, le 7 janvier 2010.
De lourdes chutes de neige ont touché La Glacière, près de Cherbourg, le 7 janvier 2010. — BISSON/JDD/SIPA
Pourquoi fait-il aussi froid? Le savoir ne nous réchauffera pas. Mais cela nous permettra de grelotter en connaissance de cause. Si des températures glaciales touchent depuis quelques semaines une grande partie de l’hémisphère nord, c’est à cause d’un phénomène de «blocage» de la circulation de l’air. Ce qui est bloqué, c’est le courant d’altitude puissant, qui circule d’ouest en est dans l’hémisphère nord, et qui apporte, en hiver, de la douceur à l’Europe de l’Ouest.

Un courant à l’échelle de l’hémisphère nord

Depuis début décembre, le courant protecteur est moins fort que d’habitude. Et «l’ondulation se fait du nord vers le sud», explique Omar Baddour, météorologue à l’Organisation météorologique mondiale. Les Français écopent donc des vents en provenance de l’Europe du Nord, et non plus de la douceur de l’océan Atlantique.

«Quand cette ondulation est très vaste, à l’échelle planétaire, et persiste plusieurs semaines, on parle de blocage », poursuit l’expert. «Un blocage à une telle échelle n’arrive pas très souvent, on peut dire tous les 30-50 ans». Pour les météorologues, la situation est due «à des phénomènes atmosphériques internes dont le fonctionnement est très complexe.»

Un phénomène déjà observé l’an dernier

Heureusement, la situation à l’échelle de l’hémisphère nord devrait se débloquer rapidement. «En général, c’est une question de plusieurs semaines, explique Omar Baddour. On arrive à peu près vers la fin de l’épisode.» Patrick Galois, prévisionniste à Météo France est moins optimiste. «Le phénomène peut durer quinze jours, comme trois mois. Nous ne sommes qu’à la mi-janvier: même si le froid recule, février peut nous réserver quelques surprises.»

A l’échelle de la France, l’affaiblissement du courant ouest-est a déjà été observé l’hiver dernier. «Ce genre de situation se répète généralement deux ou trois années de suite», poursuit Patrick Galois. Nous ne sommes donc pas à l’abri d’un troisième hiver rigoureux.