Raphaëlle Tervel: «Il y a une telle sérénité dans l'équipe…»

HANDBALL La capitaine de l'équipe de France n'est pas étonnée de la réussite des Bleues au Mondial en Chine...

Propos recueillis par Romain Scotto

— 

Vous avez débuté la compétition sur la pointe des pieds, par deux défaites. Aujourd’hui, vous battez les championnes du monde russe. Comment l’expliquez-vous?
On n’a rien lâché, on est vraiment allé la chercher, cette victoire. On avait vraiment envie de gagner ce match pour rester dans la course, tout simplement. On sait qu’on peut faire quelque chose de bien avec cette équipe. Même à moins 5 (avec cinq buts de retard, ndlr), on savait qu’on allait revenir dans ce match, on est tellement en confiance en ce moment… On est menées, mais en face, les filles ont peur dès qu’on commence à revenir petit à petit. C’est ce qui fait notre force.
 
On ne sent jamais d’affolement sur le terrain…
Non encore une fois, c’était extraordinaire. Il y avait une telle sérénité... Ça fait un moment qu’on est bien. On continue sur notre lancée, c’est vraiment un super truc. Ça fait du bien de battre les Russes. Maintenant, si on gagne contre l’Autriche derrière, on est sûres d’être qualifiée, c’est un truc énorme.
 
Quand a eu lieu le déclic au sein de l’équipe?
Il y a eu un coup de gueule de deux-trois filles qui ont essayé de remonter un peu tout le monde. A un moment donné, des filles ont tapé du poing sur la table pour dire que ça n’allait pas. Des filles qui ne prenaient pas trop la parole d’habitude. Ça a fait un électrochoc.
 
Vous ne regrettez pas d’avoir si mal démarré et de traîné ces deux défaites comme un boulet?
Non, il n y’a pas de regrets. Maintenant, on a notre avenir entre nos mains. Avec ce qu’on a montré sur les cinq derniers matchs, il y a vraiment une progression énorme. J’espère juste que le destin sera avec nous pour décrocher cette demi-finale.
 
Finalement, vous nourrissez de réelles ambitions de podium maintenant?
Oui, c’est sûr. L’objectif premier, c’était de passer le premier tour. A partir du moment où on a réussi ça, on s’est fixé de nouveaux objectifs. Aller en demi-finale, ce serait une grosse surprise pour tout le monde. Mais comme on est très bien... On a trouvé notre rythme, nos repères. Chacun a son rôle. On forme vraiment une équipe, très soudée, Personne n’est de côté.
 
Vous mettez toujours en avant cette fameuse défense «2-4». Tous vos succès reposent là-dessus?
Ah oui, carrément le truc qui nous lance et qui nous fait gagner. C’est un système défensif avec deux filles devant et quatre derrière. Au lieu d’avoir défense alignée en zone. Là, ça fait deux lignes. On la maitrise pas mal. Cela sert à casser le jeu des adversaires. Elles ont du mal à attaquer contre nous.