Bernard Krief Consulting, serial-repreneur d'entreprises en crise

PORTRAIT Alors qu'il était plutôt spécialisé dans les ressources humaines et le consulting, le groupe s'est découvert un don pour la reprise d'entreprises au bord de la faillite...

Bérénice Dubuc

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Louis Petiet, le PDG du cabinet Bernard Krief Consulting (BKC), candidat à la reprise de la maison de couture Christian Lacroix, à Paris, le 28 juillet 2009.
Louis Petiet, le PDG du cabinet Bernard Krief Consulting (BKC), candidat à la reprise de la maison de couture Christian Lacroix, à Paris, le 28 juillet 2009. — LYDIE/SIPA
Lacroix lui est passé sous le nez, mais cela «ne change en rien» la stratégie du groupe Krief en matière de reprise d’entreprises en déroute. Louis Petiet, le PDG du cabinet Bernard Krief Consulting (BKC), a indiqué à 20minutes.fr que la décision du tribunal de commerce ce mardi allait «dans le sens de la loi, qui donne la préférence aux reprises en interne». Louis Petiet souligne toutefois que le cabinet Krief maintient son offre de reprise, «pour que Lacroix devienne une marque emblématique de l’artisanat du très haut luxe».
 
Une position étonnante, lorsque l’on sait que le coeur de métier du groupe Krief, ce sont les ressources humaines et le consulting. Mais pour Louis Petiet, ce nouveau volet du groupe est «cohérent»: «Nous faisons depuis 50 ans du "business development" (du conseil aux entreprises pour gagner de nouveaux clients et mieux pénétrer le marché, ndlr). Depuis quelque temps, nous nous sommes rendus compte que des entreprises intéressantes ne trouvaient pas de repreneurs. Nous avons donc ajouté un volet à nos activités, à savoir assurer un actionnariat stable et à long terme à des entreprises en difficulté.»

«Valeur ajoutée dans le domaine de la reprise d’entreprises»

Le cabinet BKC s’est donc attaché à «sauver» des entreprises au bord de la faillite, en reprenant une vingtaine d’entre elles, notamment dans les domaines assez sinistrés du textile (DMC, Velcorex) et de l’automobile (Walor), avec la reprise très médiatisée d’Heuliez avec le soutien de l'Etat, en juillet dernier. Louis Petit estime que «grâce à son expertise en RH, le groupe possède une importante valeur ajoutée dans le domaine de la reprise d’entreprises». Pour lui, le groupe suit la «tendance actuelle à aller en amont du conseil en stratégie pour ne plus seulement conseiller, mais effectivement aider à tertiariser les industries». Objectif, selon le PDG: le maintien du made in France, du savoir-faire à la française.
 
Et quand on lui demande si le fait d’être proche de la majorité gouvernementale – Jean-Pierre Raffarin a été directeur général de BKC, et l'actuel PDG est conseiller général UMP de l'Eure et maire de Verneuil-sur-Avre - facilite la reprise de grandes entreprises françaises, Louis Petiet botte en touche: «L’emploi et l’économie n’ont pas de couleur politique. Nous voulons seulement défendre les travailleurs français, le made in France.» Et de rappeler que, dans le cas d’Heuliez, Krief a reçu le soutien du chef de l’Etat, du gouvernement (Patrick Devedjian) et de la majorité (Jean-Pierre Raffarin), mais aussi de l’opposition, par la voix de Ségolène Royal, concernée au niveau régional puisque Heuliez est implanté en Poitou-Charentes.