Le directeur d'un centre pour handicapés mis en examen

JUSTICE Trois décès sont suspects dans ce centre médical...

J.C. avec agence

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Le directeur d'un centre pour handicapés d'Ermenonville (Oise), au nord de Paris, a été mis en examen pour homicide involontaire et le centre fermé après une inspection qui a révélé trois décès suspects et de graves négligences dans la prise en charge des malades.

 
Gilles Vernier-Briesto a été mis en examen vendredi par un juge d'instruction de Senlis pour homicide involontaire, «délaissement de personnes incapables de se protéger», mise en danger d'autrui et escroquerie, selon le parquet de Senlis.
 
Cet homme d'une quarantaine d'années est le propriétaire et le directeur du Pavillon Girardin d'Ermenonville, un foyer privé qui accueille des victimes d'accidents de la route polytraumatisées, en état de forte dépendance.
 
«Prise en charge sanitaire déficiente»
 
Sur signalement de personnels du centre, la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) avait réalisé une première inspection au printemps, puis de nouveau les 23 et 24 novembre, accompagnée d'un médecin légiste et de gendarmes de la brigade de recherche de Senlis.
 
Les investigations ont mis en lumière «une prise en charge sanitaire déficiente des résidents trachéotomisés dont l'urgence vitale pourrait être engagée», selon le préfet de l'Oise, Nicolas Desforges.
 
Le centre a donc été fermé et placé pour une durée de six mois sous la tutelle d'un administrateur, et les douze résidants ont été transférés vers un établissement spécialisé de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais).
 
«L’enquête pourrait en révéler d’autre»
 
Les autorités soupçonnent M. Vernier-Briesto de graves négligences sur le plan de la formation des personnels soignants, des pratiques médicales et des infrastructures. Le centre aurait notamment fonctionné avec des effectifs insuffisants et sous-qualifiés.
 
Ces dysfonctionnements pourraient être à l'origine de trois décès suspects survenus depuis le 1er janvier 2006, selon le préfet de l'Oise qui a évoqué samedi lors d'une conférence de presse un "lien possible".
 
«L'enquête pourrait peut-être en révéler d'autres», selon la procureur de la République de Senlis, Chantal Berger.