«Si je pouvais avoir un vrai toit»

TEMOIGNAGE Un SDF juge qu'un référent unique lui serait bénéfique...

Maud Noyon

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«Si quelqu'un pouvait vraiment s’occuper de moi, oui, ça serait plus facile.» Christian, 52 ans, dont quatre années passées dans la rue, juge positive la mesure phare présentée aujourd’hui en Conseil des ministres. Hier, comme tous les soirs, il faisait la manche à deux pas de la gare Saint-Lazare, avant d’aller dormir dans «un coin plus tranquille».

«A quoi ça sert de me réveiller plusieurs fois?»

Le bonnet enfoncé jusqu’aux yeux pour se protéger du froid, il connaît des difficultés pour obtenir le RSA (ex-RMI), faute d’adresse fixe. Un logement changerait la donne. Mais pas un hébergement d’urgence, où les «bagarres et les types bourrés» sont légion et d’où on doit impérativement sortir à 6h. «Si je pouvais avoir un vrai toit comme les autres, ça serait bien», admet Christian, envieux de son ami Jean-Pierre, qui a trouvé un appartement grâce à Emmaüs.

Plus tard, les deux compères iront à la rencontre des associations pour manger. Ils connaissent parfaitement leurs jours de passage. Mais leur insistance, la nuit, dérange parfois Christian. «Si j'ai choisi de dormir dehors, à quoi ça sert de me réveiller plusieurs fois?», explique-t-il, là encore enthousiaste face à une meilleure organisation des maraudes.