Obama appelle l'Afrique à prendre ses responsabilités

GHANA Pour le président américain, le développement dépendra de «la bonne gouvernance»

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Pose décontractée pour le président Barack Obama en discussion avec ses collaborateurs sur les marches de l'ambassade américaine à Paris, le 7 juin 2009.
Pose décontractée pour le président Barack Obama en discussion avec ses collaborateurs sur les marches de l'ambassade américaine à Paris, le 7 juin 2009. — REUTERS

Le président américain Barack Obama a effectué son premier voyage en Afrique subsaharienne, et il y était très attendu. «Barak Obama vient chez lui au Ghana, la Côte-de-l'Or devenue centre du monde» pouvait-on lire sur des publicités du ministère ghanéen de l'Information dans les rues d'Accra, la capitale.

Samedi, le Président américian a dressé un tableau assez sombre du continent et a surtout donné sa vision pour changer le cours des choses. Selon lui, l'Afrique est encore en proie aux conflits, à la maladie, au sous-développement économique, à la corruption et aux pratiques antidémocratiques mais il existe maintenant un «nouveau moment de promesse».

«Nous devons partir de ce postulat simple: l'avenir de l'Afrique appartient aux Africains eux-mêmes», a-t-il dit en présence du président John Atta-Mills et de ses deux prédécesseurs John Kufuor et Jerry Rawlings

Le respect des règles démocratiques indispensable

Pour que l'Afrique ne soit plus «rongée dans beaucoup d'endroit par le cynisme et le désespoir», Obama a averti que cet espoir et le développement ne sauraient se concrétiser qu'avec la «bonne gouvernance», un «ingrédient (qui) a fait défaut trop longtemps dans trop d'endroits». Il a en ce sens averti que sous sa présidence, le soutien américain au développement sera lié au respect des règles démocratiques: «Ce que nous ferons, c'est augmenter notre assistance aux individus et aux institutions responsables, en faisant porter l'effort sur le soutien aux règles de bonne gouvernance».

Reconnaissant la part de responsabilité du colonialisme, il a toutefois estimé «facile de montrer les autres du doigt, de rejeter la faute sur les autres... L'Occident n'est pas responsable de la destruction de l'économie zimbabwéenne au cours de la dernière décennie, ou encore des guerres où on enrôle les enfants dans les rangs des combattants». «Des pays comme le Kenya, qui avaient un revenu par tête supérieur à celui de la Corée du sud quand je suis né, ont été dépassés», a-t-il rappelé.

«Oui vous le pouvez!»

Evoquant la mémoire de son père kényan et le «sang africain» qui coule dans ses veines, Barack Obama a estimé que, en dépit de progrès accomplis, «beaucoup d'espoirs ont été déçus» en Afrique. Il en a alors appelé aux jeunes générations africaines: «vous avez le pouvoir de demander des comptes à vos dirigeants, de construire des institutions pour servir le peuple. Vous pouvez vaincre les maladies et les conflits. Oui vous le pouvez!, a-t-il lancé en reprenant son plus célèbre slogan de campagne "yes we can!"».