Dominique de Villepin crée son propre club politique

ALTERNATIVE L'ancien Premier ministre, à nouveau très critique à l'égard de Nicolas Sarkozy, se déclare, de manière implicite, prêt pour la présidentielle de 2012...

NB (Avec agence)

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 Dominique de Villepin, le 1er avril 2009 à l'Assemblée nationale.
 Dominique de Villepin, le 1er avril 2009 à l'Assemblée nationale. — WITT/SIPA
Y pense-t-il le matin en se rasant? En tout cas, Dominique de Villepin a franchi une nouvelle étape mercredi dans sa volonté d'incarner, le cas échéant, une alternative à Nicolas Sarkozy pour 2012, en créant son propre club politique «Villepin.fr, les Amis de Dominique de Villepin». «Nous sommes en train de créer quelque chose», a annoncé l'ancien Premier ministre à quelques journalistes, en marge d'une rencontre avec l'Association des journalistes parlementaires (AJP).

Une amicale présidée par une ex-chiraquienne

A ses côtés, les députés UMP Jacques Le Guen et Jean-Pierre Grand, fervents villepinistes, ont précisé que les statuts de cette association loi 1901 seraient déposés «d'ici la fin de la semaine» en préfecture. Elle sera présidée par l'ex-ministre chiraquienne (2002-2007) de l'Outre-Mer puis de la Coopération, Brigitte Girardin. Celle-ci a précisé à l'AFP qu'il s'agissait d'une «amicale», dont l'assemblée constitutive a eu lieu le 18 juin. L‚association s'installera le 1er juillet dans ses locaux du Marais, à Paris (4e arrondissement).

«Rester fidèle à ma famille politique»

Ses statuts prévoient de soutenir l'action de Dominique de Villepin «dans une politique de réforme, dans la défense des valeurs républicaines, avec une exigence de justice sociale et en veillant à un meilleur équilibre institutionnel et à l'indépendance et au rayonnement de la France».
Devant l'AJP, Dominique de Villepin, qui envisagerait de se présenter aux prochaines élections régionales
, a souligné qu'il entendait résolument «rester fidèle à (son) engagement gaulliste et sa famille politique» et qu'il était «à jour de sa cotisation» à l'UMP.
Un sujet sur lequel il a même ironisé. «Peut-être qu'un certain nombre de personnes n'avaient pas tout à fait bien compris que je n'étais plus à l'hôtel Matignon» pour l'envoi de la facture. Jean-Pierre Grand a précisé que le chèque avait été remis ce mercredi à Xavier Bertrand.

«Le moment venu, je répondrai présent»

«Une force alternative, c'est une nécessité au quotidien», a ajouté Dominique de Villepin. «Oui, aller à la rencontre des Français, c'est nécessaire. Oui, j'y aspire et le moment venu, je répondrai présent. Quand on a les épaules larges et qu'on a été à bonne école, on acquiert de la résistance. Quand il y aura des choses difficiles à dire, je serai là».

Sarkozy en prend pour son grade

Très en verve, Dominique de Villepin n'a, une nouvelle fois
, pas ménagé Nicolas Sarkozy, déplorant que le remaniement se soit limité à un simple «réajustement» et que le chef de l'Etat ne soit pas passé «à l'acte II du quinquennat».
Il a également étrillé le discours de Versailles, qui l'a «laissé sur (sa) faim» car Nicolas Sarkozy «n'a pas pris toute la mesure de la situation». Pour Dominique de Villepin, qui a ironisé sur «la bonne nouvelle» du «ralliement» du président au «modèle social français», les emprunts sont «rarement vertueux», même s'ils «peuvent avoir une force symbolique et pédagogique».
Et de conclure: «Au moins mes piques auront servi à quelque chose», se félicitant de l'abandon de la notion de «laïcité positive» pour le retour à «notre bonne et vieille laïcité, dans un bon et vieux pays de notre vieux continent».