Les salariés de Sony France enterrent leur usine

A.P.-V. (Avec agence)

— 

Des salariés du site de Sony dans les Landes plantent des croix devant l'entreprise, le 17 avril 2009, lors d'un rassemblement pour marquer par une journée d'action la fermeture effective de l'usine qui employait 311 salariés dans la fabrication de bandes vidéos.
Des salariés du site de Sony dans les Landes plantent des croix devant l'entreprise, le 17 avril 2009, lors d'un rassemblement pour marquer par une journée d'action la fermeture effective de l'usine qui employait 311 salariés dans la fabrication de bandes vidéos. — no credit

Triste journée à Pontonx-sur-Adour, village des Landes: l’usine Sony de fabrication de bandes magnétiques, ouverte en 1984, ferme officiellement ses portes ce vendredi. Une centaine de salariés parmi les 311 qui perdent leur emploi, ont tenu à marquer symboliquement ce dernier jour.

Ils se sont d’abord réunis devant l’usine, vers 10 heures. Sur l’entrée, des photographies rappelaient plusieurs étapes de leur mobilisation. Puis un cortège s’est formé et s’est dirigé vers le centre du village de 2.500 habitants, où des tracts ont été distribués.

Certains brûlent leur tenue de travail

De retour devant l’usine, les salariés ont brandi puis planté dans le sol des croix blanches avec leur nom, la date d’ouverture et de fermeture de l’usine. Certains ont fait brûler leurs tenues de travail.

Une petite partie des commerçants n’a pas ouvert boutique, par solidarité. Soixante employés de l’usine résident dans le village, dont le maire Bernard Subsol a accompagné les salariés pendant cette journée. Il a décidé de mettre les drapeaux européen et français en berne, et de ne pas ouvrir la mairie au public. «C’est une décision symbolique. Sony ouvre une usine en Slovaquie, il n’est pas normal qu’il n’y ait pas de règles du jeu à l’échelle européenne», estime t-il.

«Aujourd'hui, on est ensemble»

Venu rencontrer une dernière fois les salariés le 12 mars, le PDG de Sony France, Serge Foucher, s'était heurté à la colère de certains employés mécontents des modalités financières du plan social et avait été retenu toute une nuit dans une salle de réunion, pour ce qui avait été la première «retenue de patron» de ces derniers mois.

«Pour l'instant, ça me fait juste bizarre, mais ça sera autre chose quand je recevrai la lettre (de licenciement, ndlr) en recommandé, car je serai seul. Là, on se soutient», témoigne Richard Costedoat, 46 ans, agent technique chez Sony depuis 1994.