Garde d'Elise: La France et la Russie sur la même longueur d'onde

JUSTICE Le Quai d'Orsay répond favorablement à la proposition de consultations du ministère russe des Affaires étrangères...

M.Gr. avec agence

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Retournement de veste diplomatique. Pas vraiment motivées pour collaborer avec l’instruction française après le rapt d’Elise, les autorités russes ont viré leur cuti ce mardi. Ce ne sera pas de trop devant cet imbroglio judiciaire, «une situation paroxystique», nous confiait récemment Dominique Versini, la Défenseure des enfants (lire l’encadré).

«La décision des autorités hongroises de remettre la fillette à des représentants français est précipitée», a expliqué Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse à Moscou. Mais l’agacement a vite cédé la place aux déclarations de bonne intention, la petite se trouvant désormais en France.

«Nous avons affaire à un cas avec une collusion juridique complexe, les tribunaux des deux pays ayant rendu sur une même question des décisions radicalement opposées», a confié le patron de la diplomatie russe. Qui a fait un premier pas vers une résolution concertée du conflit: «Nous voulons proposer à la France très prochainement -je pense dès aujourd'hui- de mener des consultations concrètes entre nos experts.»

Vers une médiation internationale

Proposition acceptée par le Quai d’Orsay, via son porte-parole Romain Nadal: «Nous sommes évidemment favorables à tout type d'approche qui, en étroite concertation entre les autorités russes et françaises, permettrait de trouver une solution dans l'intérêt supérieur de l'enfant.» La création d'un groupe de travail réunissant Paris et Moscou sur les problèmes d'autorité parentale pourrait voir le jour rapidement. Le cas d'Elise fait partie de quelque 50 dossiers de séparation conflictuelle que Paris et Moscou gèrent annuellement et au cas par cas, en l'absence de tout accord bilatéral.

En passant, Romain Nadal a précisé que le retour de l'enfant en France était conforme au droit européen: «En application d'une décision de la justice française, les autorités hongroises ont permis la remise d'Elise André à son père et son retour en France conformément aux dispositions en vigueur au sein de l'Union européenne.»

Du côté des parents, l’heure semblait, provisoirement, à l’apaisement. Selon son avocat Victor Gioia, le père d’Elise, Jean-Michel André, ne souhaiterait pas porter plainte contre la mère Irina Belenkaya, et serait favorable à une médiation pour le bien de la petite. Médiation internationale réclamée par l’avocate d’Irina, Catherine Dejean, ce mardi: «Jean-Michel André n'a le privilège ni de la souffrance ni de l'amour qu'il porte à sa fille.» Le conseil a confirmé que la mère d’Elise, interpellée dimanche en Hongrie, serait vraisemblablement remise aux autorités françaises. Elle risque jusqu'à sept ans de prison.

Un droit de garde partout - Un père français, Jean-Michel, une mère russe, Irina, une petite «écartelée», Elise. Ils se séparent début 2007 et passent devant le juge aux affaires familiales de Tarascon, qui donne la garde au père. Inacceptable pour Irina, qui prend sa fille et l’emmène en Russie. Où la double nationalité d’Elise n’est pas reconnue: la petite fille est Russe, la garde est pour sa mère. Le père «exfiltrera» l’enfant de Russie en 2008, avant le spectaculaire enlèvement d’Arles.