Paradis fiscaux: La Suisse regrette de rejoindre la liste grise, le Luxembourg est grisé d'y être

G20 Dans le Grand-Duché, on se félicite d'avoir échappé à la liste noire...

Avec agence

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Avec 36 pays, nos voisins suisses, luxembourgeois et monégasques ont été placés jeudi sur une nouvelle liste grise des paradis fiscaux de l’OCDE, qui a publié ce document après la décision prise par le G20 de sanctionner les Etats fiscalement non coopératifs. Une liste qui comprend des cancres en voie de rédemption: des Etats qui se sont engagés à respecter les règles de l'OCDE mais ne les ont pas «substantiellement» appliquées.

>>>>>> Les deux listes des paradis fiscaux sont expliquées ici.

Les réactions de la Confédération, du Grand Duché et de la Principauté sont contrastées. Le président de la Confédération helvétique - et ministre des Finances - Hans-Rudolf Merz a «pris acte» de cette nouvelle liste et «désapprouve le procédé». Il fustige «les critères qui ont servi à établir la liste», et a rappelé que la Confédération, qui a assoupli courant mars son secret bancaire en se conformant aux standards de l'OCDE, «n'est pas un paradis fiscal».

La Suisse, première place mondiale pour la gestion de fortune, s'est engagée à renforcer l'échange d'information avec d'autres pays, au «cas par cas» et sur «demande concrète et justifiée». Le pays «tient toujours ses engagements», a enfin souligné Merz, regrettant de ne jamais avoir «été associé aux discussions qui ont mené à l'établissement de la liste», alors que la Confédération est membre de l'OCDE.

«On a atteint notre objectif»

Au Luxembourg, cette liste grise suffit au bonheur du ministre du budget du Grand Duché Luc Frieden. «On a atteint notre objectif», a martelé Frieden, trop heureux que son pays ne rejoigne pas la liste noire. Soulagement aussi pour Jean-Claude Juncker, qui a passé la journée (et la soirée) de mercredi vissé au téléphone avec les grands de ce monde afin de marteler ses bonnes intentions sur le sujet.

A Monaco, place financière qui gère environ 80 milliards d'euros, on se félicite aussi: «Nous étions sur une liste noire dont nous disions depuis longtemps qu'elle était totalement obsolète. Nous sommes satisfaits d'en être sortis. Nous trouvons plus juste de nous trouver sur la liste grise», a expliqué le chef du gouvernement Jean-Paul Proust. Il a rappelé que la principauté s'était engagée à conclure d'ici la fin 2009 des accords «anti-fraude» fiscale avec l'Union européenne et avec les Etats hors UE qui le souhaiteraient, comme les Etats-Unis.

Du côte des mauvais élèves de la liste, ces quatre pays qui ont refusé de respecter les nouvelles règles internationales en matière fiscale (le Costa Rica, le territoire malaisien de Labuan, les Philippines et l'Uruguay), on fait grise mine.

Le président de la banque centrale de l'Uruguay, Mario Bergera, a immédiatement démenti jeudi soir que son pays soit un paradis fiscal, insistant sur la réforme fiscale entamée en 2007 par le président Tabaré Vazquez. Bergera assure que Montevideo dispose désormais de normes sévères en matière de «supervision» et de «régulation». Pas suffisantes pour l'OCDE.