Le patron de Taser France ne fera pas appel contre Olivier Besancenot

ELECTRIQUE Il avait perdu son procès en diffamation contre le leader du Nouveau parti anticapitaliste...

20minutes.fr

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M. di Zazzo reconnaît avoir engagé des détectives privés mais, dit-il, uniquement afin de trouver l'adresse de Besancenot pour lui envoyer son assignation.
M. di Zazzo reconnaît avoir engagé des détectives privés mais, dit-il, uniquement afin de trouver l'adresse de Besancenot pour lui envoyer son assignation. — Thomas Coex AFP/Archives

Il renonce. Antoine Di Zazzo, le patron de SMP Technologies, la société qui commercialise le Taser en France, avait laissé entendre le 24 novembre dernier qu’il ferait appel de la décision rendue par le tribunal de grande instance de Paris. Il a décidé de jeter l’éponge, selon le site Mediapart.

Le tribunal avait débouté Di Zazzo de son action en diffamation engagée contre Olivier Besancenot, qui avait notamment affirmé en juin 2007 que le fameux pistolet à impulsion électrique avait provoqué la mort de «plus de 150 personnes aux USA».

«Olivier Besancenot a échoué à apporter la preuve de ses allégations»

Dans une lettre adressée à Mediapart, Di Zazzo rappelle que «Taser France avait assigné Olivier Besancenot afin d'obtenir, sinon les noms, au moins la preuve que des personnes seraient décédées du fait de l'usage contre eux du Taser, comme annoncé publiquement par le leader politique».

Or, selon le patron de SMP, le tribunal «a jugé, dans sa décision du 24 novembre 2008 que M. Olivier Besancenot avait échoué à apporter la preuve de ses allégations».

Continuer un «débat constructif avec Amnesty International»

Estimant que sa société «se trouve donc confortée quant à la sécurité de ses produits», Di Zazzo «n'entend pas poursuivre un débat qui sert de tribune politique à M. Olivier Besancenot, lequel a d'ailleurs été débouté de sa demande de dommages-intérêts au titre d'une procédure supposée abusive. En cet état, Taser France, ayant atteint son objectif, ne fera pas appel du jugement».

Le patron de SMP Technologies conclut en indiquant qu'il «souhaite en revanche poursuivre un débat constructif avec Amnesty International en France, comme il le fait avec Amnesty International en Suisse».

Létalité... réduite et barbouzeries

Dans plusieurs documents, l'ONG a pourtant conclu à la létalité du Taser, en s'appuyant sur les observations de coroners américains et canadiens... La létalité du taser a été pour le moins fluctuante depuis 4 ans. Une note interne du ministère de l'Intérieur indiquait le 26 janvier 2004 que le caractère non-létal de cette arme était avéré. Mais une autre note du directeur de la police urbaine de proximité soulignait en mars 2008 que ce pistolet à impulsions électriques faisait partie des armes intermédiaires à létalité réduite.

Le feuilleton Besancenot/Di Zazzo n'est en tout cas pas terminé. Le patron de SMP Technologies est mis en examen, avec d'anciens policiers/barbouzes, pour avoir fait espionner le second en toute illégalité.