Nicolas Sarkozy n'entend pas présider l'Eurogroupe... mais il aimerait bien quand même

POLITIQUE Par l'intermédiaire de François Fillon, il encourage les 15 membres de l'Eurogroupe à choisir démocratiquement leur représentant...

M.Gr. (avec agence)

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Nicolas Sarkozy recevra lundi après-midi à l'Elysée les dirigeants syndicaux, afin de les associer à la préparation du sommet du G20 sur la crise financière internationale prévu le 15 novembre à Washington, a confirmé vendredi l'Elysée.
Nicolas Sarkozy recevra lundi après-midi à l'Elysée les dirigeants syndicaux, afin de les associer à la préparation du sommet du G20 sur la crise financière internationale prévu le 15 novembre à Washington, a confirmé vendredi l'Elysée. — Philippe Wojazer AFP/Archives

On appelle ça louvoyer. Le Premier ministre François Fillon a affirmé lundi que le président Nicolas Sarkozy n'entendait pas «présider» un Eurogroupe qui se réunirait au niveau des chefs d'Etat. Tout en laissant le soin à ses 15 membres de décider «démocratiquement» qui pourrait mener la barque.

«Le Président de la République n'a indiqué d'aucune manière qu'il entendait présider cet Eurogroupe», a affirmé le chef du gouvernement au Sénat. «Le jour où l'Eurogroupe se réunira au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, ils décideront démocratiquement qui doit le diriger et pendant combien de temps.»

Réticences d’Outre-Rhin

Une manière pour Sarkozy de répondre aux critiques allemandes, le porte-parole de Merkel l’ayant sérieusement taclé il y dix jours en précisant que le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker était le plus habilité à chapeauter un tel organe européen. Tout en ouvrant un peu plus la porte à une éventuelle gouvernance française, le chef de l’Etat semblant avoir pris goût à l’activisme face à la crise.

On lui prête ainsi l’envie de poursuivre l’actuelle présidence française de l’UE au sein d'un tout nouveau «gouvernement économique» de l'Europe, qui se traduirait par une réunion de l'Eurogroupe au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, comme cela a été le cas pour la première fois à Paris le 12 octobre. Et qui d’autre que Nicolas Sarkozy, en première ligne pendant la crise, pour le diriger, avancent certains proches du résident de l’Elysée.

Changements profonds

Actuellement, les réunions de la zone euro ne se déroulent, chaque mois, qu’entre ministres des Finances. Elles sont présidées par Juncker, le Premier ministre du Luxembourg.

Et ce n’est visiblement pas la panacée pour François Fillon: «La question fondamentale pour nous est de mieux harmoniser les politiques économiques au sein de l'Eurogroupe et par la suite au sein de l'ensemble de l'Union européenne, mais c'est un objectif de moyen terme, un objectif difficile, qui doit conduire à des changements profonds qui ne peuvent pas être conduits en quelques mois ou en quelques années». A bon entendeur...