Peut-on vivre un hiver sans chauffage?

Alexandre Lassalle
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Un homme traverse la vieille ville de Québec, le 3 décembre 2007. Une tempête de neige venue du Colorado traverse actuellement le Canada.
Un homme traverse la vieille ville de Québec, le 3 décembre 2007. Une tempête de neige venue du Colorado traverse actuellement le Canada. — REUTERS/Christinne Muschi

Se priver de chauffage pour faire des économies. Idée fumeuse ou véritable alternative à la facture qui fait mal? Damian Whitworth, un journaliste briatnnique du «Times», fait le test: il se demande même si le chauffage central n'a pas été inventé pour les «froussards».

«Tu es un homme ou quoi?»


Que ceux qui dorment depuis le mois de septembre en pyjama et chaussettes ne s'en offusquent pas: il n'en est qu'à sa première semaine et se demande déjà si son mariage résistera à l'ère glaciaire à venir. Malgré une température supérieure à 15° annoncée à Londres samedi, les tentations se font déjà sentir. Et c'est madame Whithworth qui garde une main glacée sur la chaudière en murmurant avec des lèvres tirant sur le bleu: «Come on! Tu es un homme ou quoi»?

Faut-il donc être un homme pour bouder les radiateurs? Il faut en tout cas être organisé. A prévoir: deux pulls glissés l'un sur l'autre, deux paires de chaussettes et surtout un bonnet de laine à enfiler au réveil pour un lever moins douloureux. Boire régulièrement du thé ou de la tisane devrait aussi permettre de retrouver quelques degrés tout en réalisant une économie de 360 euros selon le site «Radins.com».

Une facture en augmentation de 40%


Cet été, Thilo Sarrazin, membre du SPD allemand, avait d'ailleurs eu l'idée d'étendre l'expérience à grande échelle en conseillant à ces concitoyens de choisir un «épais pull-over» pour éviter des «coûts d'énergie aussi haut que ceux des loyers».

Un sénateur vert, Michael Schäfer, lui avait conseillé «une douche froide» pour l'aider «à concevoir de meilleures idées». Car si certains choisissent de vivre sans chauffage pour des préoccupations écologiques, la question de la «précarité énergétique» devient préoccupante.

En France, ils seraient en effet 5 millions à avoir des difficultés à payer une facture de chauffage en augmentation de 40% sur les cinq dernières années, selon Emilie Salesse du Comité de liaison pour les énergies renouvelables.

Vivre sans chauffage et sans se geler

Pour diminuer sa facture énergétique, on peut déjà commencer par mieux isoler son habitat (fenêtre, porte, toit,...). Mais, si vivre totalement sans chauffage et sans se geler n'est pas une «utopie» selon le réseau «Sortir du nucléaire», mieux vaut avoir les moyens pour le faire.

Pour acquérir une maison dite «passive», un concept développé en Allemagne qui réduit considérablement les besoins en énergie, il faut en effet compter de 5 à 15% de plus que pour une maison classique.