Son régime de semi-liberté est révoqué, Jean-Marc Rouillan fait appel

JUSTICE Le cofondateur du groupe armé Action directe s'est exprimé sur ses crimes dans une interview à «l'Express» début octobre, ce qui lui était interdit...

M.Gr.

— 

Jean-Marc Rouillan, 55 ans, cofondateur du groupe armé d'extrême gauche Action directe, a vu jeudi son régime de semi-liberté révoqué par le tribunal d'application des peines (TAP) siégeant à Marseille, a annoncé à l'AFP son avocat, Me Jean-Louis Chalanset.
Jean-Marc Rouillan, 55 ans, cofondateur du groupe armé d'extrême gauche Action directe, a vu jeudi son régime de semi-liberté révoqué par le tribunal d'application des peines (TAP) siégeant à Marseille, a annoncé à l'AFP son avocat, Me Jean-Louis Chalanset. — Michel Gangné AFP/Archives

Il ne travaillera plus dans la petite maison d’éditions de Marseille le jour, à l’air libre, comme un citoyen normal, avant d’aller s’endormir dans une cellule des Baumettes.

Jean-Marc Rouillan, cofondateur du groupe armé d'extrême gauche Action directe, a vu ce jeudi son régime de semi-liberté révoqué par le Tribunal d'application des peines de Marseille. Son avocat vient d’annoncer son retour derrière les barreaux. «Il fera appel, il a dix jours pour le faire et c'est la cour d'appel de Paris qui statuera sous 40 jours», a précisé Me Jean-Louis Chalanset.

La conditionnelle désormais impossible

«Il n'y a plus de demande de conditionnelle possible parce qu'il faut un an de semi-liberté, c'est en ça que le parquet a triomphé. Le parquet a dit aujourd'hui: "j'ai toujours été opposé à ce qu'il sorte de prison, j'avais raison, il n'a pas repris la lutte armée mais il parle, donc il retourne en prison", voilà la position du parquet», a ajouté Me Chalanset.

Dans un entretien à «L’Express» paru mercredi 1er octobre sur leur site, le cofondateur d’Action directe a assumé son passé terroriste, alors qu’il lui était interdit d’évoquer des faits pour lesquels il a pris deux fois perpétuité. Vous pouvez retrouver ses propos ici.

«Un prétexte pour le faire taire»

Après les avoir lus, le parquet de Paris avait demandé sa révocation: «Il a enfreint une des obligations qui pesaient sur lui, celle de s'abstenir de toute intervention publique relative aux infractions pour lesquelles il a été condamné.»

Rouillan était parfaitement conscient de l’enjeu de cet entretien. «Etes-vous prêt encore à jouer votre liberté personnelle pour vos idées ?», lui demande-t-on. Il répond: «Mais je la joue actuellement. Avec cette interview…»

Troubles de l’ordre public

Dans son ordonnance du 2 octobre, le juge parisien qui avait décidé de suspendre sa révocation constatait que Rouillan «a fait des déclarations à la presse qui ont profondément troublé l'ordre public, qu'un débat s'est installé sur le bien-fondé de cette interview, que pour éviter tout nouveau contact avec les médias et sans préjuger de la décision du tribunal d'application des peines, il convient de suspendre la mesure de semi-liberté».

Trop simple pour Me Chalanset: «Il n'y avait aucune urgence à le remettre en prison, sauf à satisfaire aux exigences du procureur. Il n'a pas troublé l'ordre public, on interprète des phrases qui méritaient débat.» Trois lignes d’un texte qui valent très chères.

«Me faire repartir sur une perpétuité»

«Pour une interview, ils sont capables de me faire repartir sur une perpétuité», soupirait Rouillan le 2 octobre dans «Libération».

Avant cette polémique, Jean-Marc Rouillan espérait une libération conditionnelle d’ici à décembre.