Grossesse: comment la listériose peut passer la barrière du placenta

ETUDE Des chercheurs ont cherché à «mieux comprendre le pouvoir pathogène» de la Listeria, pouvant provoquer des fausses couches...

avec agence

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Un décret publié jeudi au Journal officiel fixe à "quatre semaines à compter de l'accouchement" la durée maximale pour réaliser l'autopsie de foetus de plus de 4 mois et demi ou d'un enfant mort-né, avant de remettre le corps aux familles qui le souhaitent.
Un décret publié jeudi au Journal officiel fixe à "quatre semaines à compter de l'accouchement" la durée maximale pour réaliser l'autopsie de foetus de plus de 4 mois et demi ou d'un enfant mort-né, avant de remettre le corps aux familles qui le souhaitent. — Didier Pallages AFP/Archives

On savait déjà comment la bactérie pouvait traverser la barrière intestinale et atteindre la circulation sanguine… Des chercheurs de l'Institut Pasteur ont établi comment une bactérie responsable de la listériose peut passer de l'intestin au placenta. Le risque? Provoquer des infections sévères au foetus, pouvant entraîner une naissance prématurée ou une fausse couche, selon la publication en ligne de la revue Nature.

La Listéria intéragit avec des récepteurs spécifiques

La listériose est une infection d'origine alimentaire causée par la bactérie Listeria monocytogenes, qui peut contaminer de nombreux aliments : légumes crus, plats cuisinés prêts à la consommation, fromage, charcuterie... Elle est particulièrement redoutable pour les femmes enceintes.

Pour comprendre le processus, l'équipe conduite par Marc Lecuit, Pascale Cossart et leurs collègues de l’Institut Pasteur, de l’Inserm et de l’INRA, ont mis au point deux modèles animaux de listériose humaine: la gerbille, un rongeur naturellement sensible à la bactérie, et une souris génétiquement modifiée.

Envisager des molécules capables de l’empêcher d’atteindre le foetus

Ils ont pu ainsi mettre en évidence comment deux protéines de la Listeria, InlA et InlB, pouvaient se coller au placenta et le traverser, en interagissant avec des récepteurs spécifiques.

Ces travaux permettent de «mieux comprendre le pouvoir pathogène» de la Listeria et d’envisager à plus long terme des molécules capables de l’empêcher d’atteindre le fœtus, indiquent les chercheurs dans un communiqué.