Maillé : «La France a commis une faute morale»

OCCUPATION Nicolas Sarkozy s’est rendu ce lundi à Maillé, un petit village d'Indre-et-Loire où des soldats ont massacré 124 civils le 25 août 1944. Pour réparer 64 ans d’oubli...

Avec agence

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"En ignorant si longtemps le drame de Maillé, en restant indifférente à la douleur des survivants, en laissant s'effacer de sa mémoire le souvenir des victimes, la France a commis une faute morale", a déclaré M. Sarkozy, premier président à se rendre sur les lieux du "village martyr", le jour anniversaire du massacre, perpétré le jour-même de la Libération de Paris.
"En ignorant si longtemps le drame de Maillé, en restant indifférente à la douleur des survivants, en laissant s'effacer de sa mémoire le souvenir des victimes, la France a commis une faute morale", a déclaré M. Sarkozy, premier président à se rendre sur les lieux du "village martyr", le jour anniversaire du massacre, perpétré le jour-même de la Libération de Paris. — Philippe Wojazer AFP

«En ignorant si longtemps le drame de Maillé, en restant indifférente à la douleur des survivants, en laissant s'effacer de sa mémoire le souvenir des victimes, la France a commis une faute morale», a déclaré Nicolas Sarkozy à Maillé. Il est le premier président à se rendre sur les lieux du «village martyr», le jour anniversaire du massacre, le même que celui de la Libération de Paris.

«C'est cette faute qu'au nom de la Nation toute entière, je suis venu reconnaître et réparer aujourd'hui», a ajouté le chef de l'Etat, devant une foule de plusieurs centaines de personnes. Cette petite bourgade est située à 40 kilomètres au sud de Tours.

124 victimes sur 500 habitants

Le 25 août 1944, 60 à 80 soldats allemands avaient tué par balles ou arme blanche 124 des quelque 500 habitants de Maillé, dont 42 femmes et 44 enfants, avant de bombarder le village pendant deux heures.

La veille, un accrochage entre un petit groupe de résistants et des soldats de la Wehrmacht avait eu lieu au nord du village, situé sur un axe ferroviaire stratégique. Aucun responsable du massacre n’a été arrêté. Le dossier a été réouvert en août 2005 par le procureur général de Dortmund, Ulrich Maas, spécialisé dans les affaires de crimes de guerre.

Ce massacre est «l'une des plus effroyables tragédies de la Seconde Guerre mondiale, a expliqué Nicolas Sarkozy. A Maillé, ce fut un crime contre l'humanité, un crime contre l'Homme qui fut perpétré délibérément».