Décès de Soljenitsyne : «Un grand dénonciateur» qui a raté le rôle de «grand réconciliateur» pour le PCF

DECES Mort dimanche soir à 89 ans, l'ancien dissident et grand écrivain Alexandre Soljenitsyne a reçu de vibrants hommages. Extraits.

Avec agence
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Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a qualifié la disparition de la figure de la dissidence soviétique de "grande perte pour toute la Russie".
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a qualifié la disparition de la figure de la dissidence soviétique de "grande perte pour toute la Russie". — Mikhail Klimentiev AFP/Archives

Les réactions à la mort d’Alexandre Soljenitsyne se sont succédé ce lundi matin. L'ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a salué un «homme au destin unique» qui fut l'un des premiers à «dénoncer à voix haute le caractère inhumain du régime stalinien». Vladimir Poutine parle lui d’«une grande perte pour toute la Russie. Nous sommes fiers de l'avoir eu comme compatriote et contemporain. Nous nous souviendrons de lui comme d'une personnalité forte, courageuse, d'une grande dignité». 


 «Une vie difficile, mais heureuse»


Le Premier ministre et ex-président russe (2000-2008) était devenu proche de l’ancien dissident, qu’il avait rencontré à plusieurs reprises ces deux dernières années: «Son engagement littéraire et civique, sa longue et épineuse destinée resteront pour nous un exemple d'authentique abnégation, au service des gens, de la patrie, des idéaux de liberté, de justice, d'humanisme.» Soljenitsyne avait récemment fait l’éloge du rôle de Vladimir Poutine dans la «reconstruction» du pays après le chaos des années 90. Le Kremlin a fait savoir que le chef de l’Etat Dimitri Medvedev avait «adressé ses condoléances» à la famille. 


Natalia, l’épouse d’Alexandre Soljenitsyne, a confié: «Il a eu une vie difficile, mais heureuse.» 


La France salue «une des grandes consiences de la Russie»   


En France, les hommages ont été nombreux. Pour Nicolas Sarkozy, il était «l'une des plus grandes consciences de la Russie du 20e siècle». La ministre de la Culture, Christine Albanel, salue pour sa part la mémoire d'«un des plus grands écrivains que la Russie contemporaine ait donné au monde». 


Pour le philosophe Bernard-Henri Lévy, «l'influence de Soljenitsyne dans la fin du communisme est aussi forte que celles des Etats-Unis et de Jean-Paul II». Hélène Carrère d'Encausse, spécialiste de l'histoire de la Russie, estime qu’il a «incarné l'aspect moral de l'homme face à l'écrasement d'un système politique totalitaire». 


Des critiques dans la gauche française


Quelques critiques s'élèvent cependant à gauche et viennent troubler ces réactions unanimes. Le PCF, par l’intermédiaire du membre de son comité exécutif Gilles Garnier, a qualifié Soljenitsyne de «grand dénonciateur» qui a raté le rôle de «grand réconciliateur». Le parti évoque un personnage «fasciné par une logique grand-russienne et slavophile, pouvant friser avec un antisémitisme redevenu de saison».


Sur son blog, le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon qualifie Soljenitsyne «d’inepte rebouteux.»