Quelles sont les compétences du maire en matière de sécurité?

V.G.

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A priori, la sécurité est une prérogative régalienne, et donc réservée à l’Etat. Mais pour rendre la politique de sécurité plus efficace et plus proche des citoyens, le maire a des pouvoirs importants.

Au titre de la loi, le maire est le garant de l’«ordre public», domaine où il décide seul sans délibération du conseil municipal: il doit assurer sur sa commune «le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique». Mais qu’est ce que cela veut dire?

Le bon ordre: éviter les incidents, en particulier lors des rassemblements publics, comme un concert ou un feu d’artifice.
La tranquillité: prévenir les tapages nocturnes, les rixes et autres incidents sur la vie publique.
La sécurité: surtout assurer la bonne circulation sur les routes, mais aussi prévenir les accidents, les incendies ou les pollutions.
La salubrité publique: assurer l’hygiène des personnes, des animaux et de la voix publique.

Dans cette tâche, il est aidé par la police municipale ou par les gardes champêtres en zone rurale. Leurs interventions sont coordonnées avec les forces de police et de gendarmerie nationales. Ces forces de l’ordre sont chargées de faire respecter les différentes décisions du maire destinées à protéger l’ordre public.

Le premier magistrat de la ville a donc une large latitude. Voici quelques exemples de décisions (dont certaines contestées) que peut prendre un maire: couvre-feu pour les mineurs de moins de 15 ans, arrêtés anti-SDF dans un centre-ville, interdiction d’un spectacle au nom de la morale publique, fermeture d’un bar bruyant, fermeture d’un sex-shop trop proche d’une école, interdiction des «happy-hour» et des «open-bar», interdiction de brûler des branches de haie, interdiction de mourir dans la ville… etc.

En résumé, la sécurité est une des prérogatives principales du maire. Même si curieusement, ce domaine a été peu abordé par les candidats lors de la campagne municipale.