La démocratie à l'épreuve en Géorgie

GEORGIE Après dépouillement partiel des bulletins, Saakachvili recueille environ 50% des suffrages...

Emmanuel Guillemain d'Echon (à Tbilissi)

— 

Dans ce contexte de tension, les observateurs électoraux de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) doivent rendre leurs conclusions dimanche à 11H00.
Dans ce contexte de tension, les observateurs électoraux de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) doivent rendre leurs conclusions dimanche à 11H00. — Maxim Marmur AFP

S’il est certain que Mikhéïl Saakachvili mène largement la course, sa victoire dès le premier tour n’est pas encore acquise. Les résultats partiels oscillent autour de la barre des 50%, mais ils arrivent au compte-gouttes alors que la Commission électorale centrale invoque des difficultés liées à d’importantes chutes de neige dans le pays. L’opposition, elle, estime que les autorités essaient de gagner du temps pour manipuler les résultats.

De leur côté les observateurs internationaux ont pour la plupart positivement jugé l’élection, l’OSCE l’estimant « en accord (…) avec les standards d’élections démocratique ». L’organisation internationale, qui a déployé près de 500 observateurs sur le terrain, a cependant donné raison à certaines accusations de l’opposition, essentiellement en ce qui concerne « un environnement de campagne inéquitable » à l’avantage du jeune dirigeant pro-occidental, et des « intimidations » à l’encontre de militants des partis d’opposition.

Egalement dénoncée, « l’application inefficace des procédures de marquage » des électeurs. Car l’enregistrement des votants le jour du scrutin a été rétabli peu avant l’élection – en théorie, le mauvais contrôle du marquage rend donc possible les votes multiples dénoncés par l’opposition.

Des observateurs rencontrés sur le terrain ont noté de multiples violations, notamment concernant les militaires, qui conservaient la possibilité de voter deux fois. Egalement, des cas isolés où les commissions électorales ne respectaient pas les procédures, attribuaient à tort des voix à Mikhéïl Saakachvili…

« Il y a eu tellement de désordres électoraux qu’on s’interroge sur l’avenir de cette jeune démocratie », a confié un diplomate européen de haut rang à 20 minutes. « Mais il ne faut pas condamner la Géorgie, car finalement elle s’en sort plutôt pas mal. »

C’est en effet la première fois que les Géorgiens ont eu réellement le choix entre plusieurs concurrents sérieux, et que le scrutin se déroule sans violations majeures.