Sur Facebook, «on s'en fout d'Ingrid Betancourt»

Nadia Daam

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Le groupe «On s'en fout d'Ingrid Betancourt» sur Facebook
Le groupe «On s'en fout d'Ingrid Betancourt» sur Facebook — DR
De Facebook, on connaissait les invitations, les jeux, les quiz et tous les moyens ludiques de communiquer entres «friends». Outil particulièrement apprécié: la possibilité de créer ou d’adhérer à des groupes pour lesquels les internautes rivalisent d'imagination et d'humour potache. Par exemple, le groupe «Contre les cons qui restent immobiles à gauche sur l’escalator» rassemble 44.737 membres; tandis que le plus énigmatique «Oui, je ressemble (un peu) à Sébastien Folin, so what?» ne récolte lui que trois membres.

Parole complètement libérée

Voilà pour la facette bon enfant de Facebook. Mais sur d’autres sujets plus brûlants ou plus polémiques, la parole s’est aussi complètement libérée. Faut-il forcément s’en réjouir? On compte pas moins de trois groupes anti-Ingrid Betancourt dont «On s’en fout d’Ingrid Betancourt» qui rassemble 228 membres. Après vérification, il ne s’agit pas d’une blague de mauvais goût puisque l’enjeu est affiché on ne peut plus clairement: «arrêtez de nous casser les ficelles de tong avec votre victimisation hypocrite et conformiste et vive la liberté d'expression!».

Des échanges hargneux

Les événements de Villiers-le-Bel
et plus largement les banlieues ont aussi leurs détracteurs. Revers de la médaille du succès de ces groupes, n’importe qui peut y poster des commentaires. D’où les échanges hargneux comme cette réponse d’un membre du groupe «Mouvement Anti racaille» «De T.R. (Lycée Notre Dame de Sainte Croix)» : Oh Elsa si ta un probleme tu te casse, tu c rien sur moi va te faire foutre sale pute de merde fait pa ton arabe, bisou je t'aime (corrige mes fote pettassse)»

Le groupe «Anti crétins qui font de la mob sans casques qui declanchent des émeutes!» (sic) a probablement été le plus réactif. Contacté par 20minutes.fr, Jacques-Edouard, son fondateur, avoue avoir été un peu dépassé par les réactions suscitées par sa démarche. C’est que les commentaires désapprobateurs se sont multipliées sur sa page, et ce malgré des précautions toutes relatives «ATTENTION, ce groupe est pacifiste!!! Jacques Edouard affirme qu’il tenait surtout à «ironiser sur le caractère aussi spectaculaire de cette affaire compte tenu du fait que les deux jeunes (dont je déplore le décès) n'ont pas respecté une des règles élémentaires de sécurité et que les réactions sont inappropriées.» Et de préciser que «si cet accident avait eu lieu en rase campagne, on en aurait probablement pas eu l'écho.» Il précise que le groupe a été créé dans la catégorie «pointless» (qui ne sert à rien, ndlr). Quant au terme assez malheureux de «crétins», il explique que c’est le fait de rouler sans casque qui était crétin. Soit. Le groupe «Contre les abrutis qui crient "nique la société" !!!» a choisi un autre mot puisqu’il vilipende «tous ces imbéciles qui roulent sans casques, qui méprisent les lois de la circulation et la police en général…»